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6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 12:53

 

 

 

 

Alors il trie. Il dit, je traîne. Des trucs et des trucs qu’il place dans des boîtes ou jette à la poubelle (rarement). Des bouts de ceci qu’il détournera. Des bidules de plus en plus rares, il dit. Comme l’étain autour du goulot de bouteilles, ça c’est du vrai, ça, tu vois, c’est du plastoc. Ensuite les boîtes dans des tiroirs dans des glissières dans un meuble de bureau dans des armoires derrière le frigo où il y a plein d’étagères, le frigo qu’il a mis sur roulettes pour facilement le déplacer, les étagères qu’il oublie.

Il doit penser ou apprendre un texte pendant ceci, sans doute. Il occupe ses mains, il est courbé, il aura mal au dos. Il est dans le soleil, assis à la table du séjour. Parfois il grommelle, soupire. Il écoute Bashung, toujours le même disque, C’est un grand terrain de nulle part/Avec de belles poignées d’argent…

L’acteur pense à sa fille qui a quarante-trois ans aujourd’hui, à son ami qui est mort hier. Ça fait beaucoup de boîtes, il aimerait un atelier à lui où il pourrait taper, usiner, buriner, peaufiner, gueuler, il n’y dormirait pas, il préfère  le souffle des vivants dans les chambres d’à côté. Il a les deux pieds dans l’humus, dans le Monde, les cheveux diaphanes au soleil d’hiver du séjour.

 

 

 

 

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Published by emmanuelle grangé
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commentaires

Soleildebrousse 06/03/2016 16:27

Ca serait bien tes textes lus sur une scène ...hein... Oui, ça serait drôlement bien .

l e b A b e l 06/03/2016 14:32

Ce doit être cela, un regard aimant.

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