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13 août 2016 6 13 /08 /août /2016 09:16
vacances (suite)

 

 

 

 

Je n'entends rien aux oiseaux, c'est dommage. Oui oui.

Ils envahissent, tapissent le clocher de l'église de Rochefort après que la cloche s'est tue. Vers vingt heures. De la terrasse je les vois, je ne peux les entendre encore moins les nommer.

Mais quand même je m'y intéresse.

Comme je m'intéresse aux froufrous glauques de la Charente, aux arbres africains, à la vieille dame à l'étal du poissonnier, qui comme moi raffole des dos de raie hop hop dans la poêle, le reste effiloché le lendemain avec des câpres en salade et une jonchée en douceur dans son jus d'amande pour dessert, à la tignasse des herbes hautes sur les berges, au vert-de-gris du ponton Zodiac, à l'argent des serres des bégonias, …

Je tente d'observer les oiseaux, je note qu'à vingt et une heure quinze un lundi, ils désertent le clocher, petit à petit – c'est l'heure de vider les assiettes des arrêtes de maigres dont les guêpes, les abeilles (?) sont friandes. Le mardi soir ils se sont fait la malle un peu avant, le mardi était-il plus frais que le lundi ? Est-ce une raison ? Je verrai bien ce jeudi soir. La veille je n'y suis pas, j'ai rendez-vous avec d'autres plumages, des échassiers connus par cœur, là-bas, vingt minutes à vol d'oiseau, un peu plus en guimbarde via Breuillet.

Je reviens chez moi après huit ans d'absence, j'ai le paysage dans les sandales, je peux ne regarder que l'océan, je sais quand baisser la tête pour passer sous les yeuses du sentier des douaniers, le marchand de glaces du Pont du Diable n'est plus là, je le savais. Ma maison a été retapée finement, sobrement.

Francis est en bleu de travail et chapeau de paille, il consolide tous les ans le portail qui s'écroule, dans le vestibule le marbre du gros meuble est encombré par les ambres solaires, les masques tuba des enfants, des clés, la jarre de sel de Guérande, les tickets de manège, des dépliants, des outils de jardinage, du sable, on a gonflé des ballons, on les a accrochés dans les arbres pour l'anniversaire de la petite, on a commandé un vacherin – les enfants rapporteront l'emballage consigné et empocheront les centimes. Le matin je pars tôt nager, je me brosse les dents au-dessus de l'évier, je sors par la porte de la cuisine, ils dorment tous, je fais s'envoler les oiseaux et les écureuils au jardin. L'après-midi, avec les filles nous nous vautrons sur mon lit dans une semi-obscurité à chuchoter, à rire, le soir on nourrit les hérissons. Trente-six mille sensations que la maison vendue restaurée jolie suinte. Je nous entends toutes, tous.

Ils auraient pu cependant éviter ces lanternes extérieures moches, sans doute n'ont-ils pas encore aperçu les lucioles accrochées aux chênes verts que tante Kinette déteste... Oui oui.

Jeudi, de retour à Rochefort, j'ai laissé s'égayer les oiseaux sans leur accorder la moindre des attentions. J'avais les yeux ailleurs, le corps sur le sable chaud de la conche face à Cordouan.

 

 

 

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Published by emmanuelle grangé
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commentaires

l e b A b e l 13/08/2016 11:29

on est en plein dedans, immergé.

Soleildebrousse 13/08/2016 09:46

J'entends et je vois très bien. Mêle je reconnais et la Mzison et Francis ? ;)

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