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14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 20:38

 

 

 

 

 

 

 

 

Je voudrais que jamais ne s’arrête la brise qu’embaument les derniers œillets ivoire à l’heure où le soleil s’est carapaté d’ici où je vois quelques jeunes gens aux fenêtres du nouvel immeuble blanc construit pour eux dans ce souci municipal attentif réglementé.

Les rosiers décapités de leurs têtes défleuries éclatent de jeunes pousses – je guette le bourgeon, je le sais.

La digitale est morte, j’ai vidé le pot, je l’aimais tant, et son arrogance à monter plus haut que le tuteur. Une saloperie de bestiole sans doute…

Les hortensias sont envahis de « salade », dur à arracher, j’ai abandonné (pour l’heure). Ils devaient être rouges, rose rouge, je ne les ai pas vus, j’étais ailleurs. Demain.

Je crois aux limaces, je les maudis, je vois leurs traînées baver sur le terreau. Je m’arme de gants, je ferme les yeux, c’est pas gagné.

Ma première récolte d’origan : comme si j’étais en Grèce, crois-moi.

La misère mauve chapardée à Tanger, qui ne crève jamais, qui s’étale, qui gèle, qui refleurit cœur jaune si on veut bien le voir.

Le tronc des frangipaniers a grossi, ils perdront leurs feuilles bientôt, ils n’ont pas encore fleuri cette année, patience.

Chère Valérie, les euphorbes milii de Villeréal ont grandi, coriaces épineuses, rouges, elles commencent à se déhancher, joie !

Clématites et chèvrefeuille s’enlacent, soubresauts cramés, soupirs de nuits d’été.

Penser à couper un peu de livèche et l’émincer sur le riz.

Il m’arrive de rêver à un jardin à moi, aux larges dimensions et horizon (pas trop quand même) avec véranda – cela va de soi –, où je finirais par reconnaître chaque chant d’oiseau, mais comment vivre hors ma petite terrasse urbaine avec vue de ma cuisine sur le nouvel immeuble blanc estudiantin – déjà nous nous voyons sans nous connaître ? 

 

 

 

 

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Published by emmanuelle grangé
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commentaires

jean-Marc 15/09/2016 14:32

Tout comme Patrick, c'est silence-radio-télé-quotidien depuis plus de deux mois maintenant, l'espace s'est agrandi, le monde m'arrive, mais moins rabâché, il y a de plus en plus de place pour les herbes, jardins, terrasses, lecture et écriture.

dreux patrick 15/09/2016 08:11

Je n'ai pas allumé la radio, je me doutais que les nouvelles ne seraient pas fraîches, alors je suis venu ici respirer un peu de ces herbes, et gueuler un bon coup contre les limaces, ah mais!!

le babel 14/09/2016 21:58

ubi Hortus Deliciarum ibi vita

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