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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 15:52

17 avril 2011

 

Il pleut des manines ou des brisures de pâte, de papier qui voltigent quelques secondes et puis s’en vont. Des bouts de cerf-volant, et puis, plus rien. Cela vu de mon siège éjectable en regards vers le dernier étage de la terrasse au loin.

L’arbre de la terrasse au loin a poussé, j’en ai écrit, il est feuillu aujourd’hui; comme le temps… passe, crépite, aveugle, moisit, vit… vit, vit, oui. Voyez-y l’intimité et la dérobade.

Je disais à mon Ami, vois comme l’exercice est de chaque jour, comme aucun corps ne ressemble à l’autre, comme aucune figure ne se fige, vois le mouvement et le tremblement de la petite veine à la commissure de l’œil, comme ils palpitent. Je parlais de certains danseurs. Je disais, et nous marchions, Vieille du Temple, lorgnions, goguenards, les vitrines, ou nous entendions, le plus souvent nous nous taisions. Tout ça parce qu’au cinéma Latino, nous nous arrêtâmes, et que la réflexion de l’un, de l’autre, mit en branle tout haut ce que nos pensées cavalaient en solitaires. Il fut question aussi du point-virgule, plus tard ou avant, puisque nous passâmes devant l’établissement éponyme et nous imaginâmes un long instant en superbes monsieur-madame Loyal exhalant une prose, micro en pogne, un compère, empailleté lui aussi, au tablâ. (Je me demande comment arranger ces « âmes », « îmes » sinon placer la situation en un autre moment… rejoindre l’imparfait, voilà, sacrebleu !)

Je disais, mais lui aussi, nous engagions un dialogue en traversant Paris d’Est en Centre et inverse; autant au départ nous marchions vers l’adret, autant au retour nous prîmes l’ubac puis le métro et nous séparâmes. Je dormis longuement à contre courant de l’heure d’été, au réveil, je lus, biscornue, le mail de mon Ami ; il parlait de points-virgules, d’Antoine Blondin et de moulins à vent, à café, de Sancho Panza, de ping-pong aperçu dans un square en adret cet après-midi-là.

Ce matin, j’aperçus les manines qui pleuvaient l’inconsolation, je pris un mouchoir et mon souffle d’un autre jour à deux mains.

 

 

 

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Published by emmanuelle grangé - dans à vous
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commentaires

anatole2011.over-blog.com 25/04/2011 16:02


et mon âme se joignit aux "îmes" dans cet art de la promenade où je te suivis, attentif à entendre l'ensemble
du mouvement


Sybille de Bollardiere 19/04/2011 19:08


Il pleut chez vous et je suis bien en compagnie de ces larmes ; ici un soleil indécent me prive de regrets. Je ne peux que souscrire à vos mots.


hervé pizon 17/04/2011 19:24


Primavera ! et ombres sur le versant ensoleillé.


le babel 17/04/2011 16:26


Entre Garibaldi et Vittore Emmanuel III


emmanuelle grangé 17/04/2011 16:33



oui, c'est un beau film de Fellini (merci de ton prompt passage ! m'en vais voir les manines au bois de Vincennes)



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