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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 12:39

Je ne voudrais dire que ce que je suis, fais, je veux dire tangiblement. Je mets la main aux fourneaux, j'assaisonne de coriandre, vous voyez je ne peux m'empêcher de dire mes excès ; je mets la main aux plantes, je ne leur parle pas, il fait trop froid, parfois trop chaud, la terrasse est mal exposée, c'est-à-dire pas à ma convenance, je suis une éternelle insatisfaite, ça me fait sourire aux dépens des autres, je m'extrais d'une table qui m'ennuie, par exemple, je me rappelle, mes amis comédiens se rengorgeaient de Trenet, je disais que je ne connaissais pas, savaient-ils au moins qu'ils me lassaient tant ? Je partais retrouver un livre que je pouvais claquer à la moindre ligne pénible sans avoir besoin de prendre le métro.
Je lambine dès que je peux, je suis d'une efficacité sans concurrence pour l'ordonnance du foyer, non, je ne parle pas de ménage, là, encore, je préfère éplucher la coriandre sur le tajine, les mains sentent bon...
Nous sommes donc partis à Prague par moins 15°, j'ai saisi le premier marché à Mala Strana et enveloppé ma tête d'un béret jusqu'aux oreilles, vous avez déformé la poche de mon manteau, vous ne quittez jamais ma main. Il vous faut la bien garder, les tombes, les pierres s'entassent au cimetière juif, on manque de s'y casser la tête et la mémoire, les dessins des enfants de Terezin sont coloriés de soleils, de rires sans avenir. On risque de voir encore les chars arriver, tout désert a ses mirages pas que sous la chaleur. Le métro affiche des publicités américaines, les appartements à vendre sont convoités en majorité par des Allemands, à U Kalicha je pique un verre à l'effigie du brave Svejk. Tout ça c'est quelques années après la chute du mur, et, à cette époque, je ne sais pas encore que de drôles de temps nous attendent. Je ne vous rencontre que plus tard alors que ma tête est déjà bien empierrée. Aujourd'hui, nous grimpons la colline de Petrin, vos mains font chavirer le béret sur mes yeux, vous reprenez votre souffle au mien, même mes anachronismes n'y peuvent rien changer.




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 (commentaires myspace)

 

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commentaires

Camille C'est tout 02/05/2008 20:42

Cordée aux mots !

Guardiola 02/05/2008 00:25

Deuxième lecture, deuxième bel instant.

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