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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 14:55

Oh ! Quelle grivèlerie ! Vous étiez parti, moi à vos talons que j'ai plus pointus que vous, et sur les pavés c'est une gageure. L'estomac là où je viens de dire malgré le foie qui de canard avait perdu son panache et le rosé du Sancerre qui de sa perle avait tourné vinaigre. Nous avions attendu la suite de coquilles saint-jacques sur lit de topinambour, je me faisais une joie d'aïeule de découvrir ce légume sans doute mouliné et blanchâtre, pendant plus d'une heure, vous geliez dans cette cave, je pensais à un waterzooï brûlant, nos doigts se mêlaient de fou-rire. Le service lambinait, affichait la désinvolture moderne néophyte. Je remarquais le top ajusté sur le dos voûté de la serveuse, une araignée blanche sur lurex et l'empressement de la préposée à remplir nos verres. Combien sont importants les détails !

Nous en étions là, l'addition dans vos doigts flottant dehors à la bise précoce, la journée ensoleillée avait pourtant chauffé nos joues et notre nez lorgnant le faîte des briques rouges, nous marchions, mes bottines esquivant enfin adroites à cette heure noire de ciel éclairé de réverbères restaurés les embûches des joints de ce sol du Nord, vos chaussures poussiéreuses, lorsque la jeune serveuse nous arrêta. Nous avions pris la porte sans délester le portefeuille, superbes, main dans la main, l'autre tenait le bout de feuille chiffrée, la quatrième dans la poche, ne trouvant pas le patron sans doute affairé à l'étage.

J'ai devancé le balbutiement de la jeune femme, j'ai réclamé le cerbère qui prudemment à moitié caché derrière un pan du beffroi exhortait son auxiliaire à affronter les sauve-qui-peut que nous étions devenus. Trois mots soufflets fort courtois de vous somme toute en deux billets pour la belle blême.

Nous avions ensuite croqué les frites sous le Carlton en réfection.

Quels temps !

Par soleil le lendemain nous avions bu un café en terrasse. J'avais toujours ce désir des plages d'Ostende, nos hanches l'approuvaient, semblait-il.

Un jour, je retrouverai, forte de mon horizon sans chicane, ces sols-là pied nu.

 

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commentaires

Thierry Benquey 25/10/2008 16:51

Exquis. La légèreté de tes mots, tu nous fais vivre par delà.
Amitié et embrassements (hihi sonne horrible ce mot)
Thierry

Guardiola 25/10/2008 15:22

Sans tes détails drôles et soignés, je ne serais que ce balbutiement de serveuse.

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