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23 novembre 2008 7 23 /11 /novembre /2008 10:03
Ils reviennent de coupes de champagne.
Je m'entête, pourquoi demander une coupe alors qu'irrémédiablement une flûte est apportée ? Je promets de ne plus demander. Les serveurs s'affolent à cette question, ne bronchent pas. Il dit, il est plus aisé d'apporter une flûte. Ah ? Et d'y boire, il ajoute.
La bulle grave la langue et le palais, agace la lèvre, délicieuse si choisie. Les phares des voitures ne les aveuglent pas, ils ferment les yeux, s'entretiennent à bouche cousue sous la tonnelle de plastique enfumée. Ils comptent les noces, aucune n'arrive à leur cheville. « Il est une ville qui leur ressemble... » et « des oiseaux qu'ils réveillent. »
C'est une fête à rebondissements depuis la nuit d'un samedi.
Ils quittent la table, des guirlandes prêtes à clignoter sont suspendues au-dessus de leur tête. Il fera Noël bientôt de plus en plus tôt.
C'est maintenant :
je vois Jeanne pied nu allant et venant de sa caverne aux guéridons, elle invente par-ci une étoile par-là un ange, elle a les mains rouges d'avoir éviscéré la carpe, vertes de farce, elle a revêtu sa robe orange qui traîne par terre, elle a les cheveux courts très blonds, des doigts qui démêlent mes pensées. Le père a froissé du papier kraft, j'ai le droit d'y planter un rameau d'olivier, l'étable s'organise, un pot-pourri autour du chandelier. L'enfant rêve, il s'impatiente d'un costume de cosmonaute. On ouvre une boîte de caviar venue de Pologne. On a connu pire ! Là, le père se signe ! Mais c'était avant, c'était quand tout allait dans la direction de la survie. J'entends Jeanne qui parle au poisson et qui glace le gâteau de chocolat. Nous nous asseyons tous les quatre sur le canapé comme si nous avions besoin de nous réchauffer, j'ai brossé mes cheveux, je sens l'eau de rose sur le cou de Jeanne, la grande main de Pierre pleine de taches de rousseur broie la mienne, mon frère est tout écrabouillé entre nous. Le radeau prend l'eau sous nos paupières. Nous n'attendions jamais minuit.

En rentrant ou un peu plus tard il essayera le pull gris d'anniversaire. Elle le voit dans le bleu de la porte.

 

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Published by emmanuelle grangé - dans histoire de famille
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commentaires

stephanie gaou 27/11/2008 15:08

Heureuse de te retrouver ici aussi... Te lire est un plaisir... Je n'en dirais pas plus...

hervé pizon 25/11/2008 13:36

Beau.

Thierry Benquey 23/11/2008 11:18

Superbe, il fera noel de plus en plus tot.
La carpe m'évoque l'Allemagne. Le francais trop bec fin ne mange pas ce poisson
Amitié
Thierry

soleildebrousse 23/11/2008 10:59

J'y suis !
Oui ! J'y suis !

J'ai un petit lien pour toi (et un gros quelque part..) c'est là : peut-être auras-tu le temps d'y jeter un coup d'oeil, je ne sais pourquoi je vous vois reliés par quelque chose.
c'est là : http://liepsig.over-blog.com/
Tu me dis si ça te plaît ? je n'ai pas tout lu...et il n'y a personne sur ces lettres-là. j'ai comme l'idée que cela ne devrait pas.

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