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25 juillet 2009 6 25 /07 /juillet /2009 23:33

feu

 

Je plus au ciel de trois-quart lune.

L'orange était belle à déshabiller, mais difficile tant le couteau s'y reprit à quatre fois et demi pour ne pas entamer la pulpe. J'infusais le zeste, écorce par écorce, mes narines s'en souviennent -je fendais la gousse vanille et toutes les calamités de protocole, il va s'en dire plus- J'observais les règles et l'or gris de leur silence. Il arrivait que la lame dérape, je levais alors les yeux au ciel qui, malin avec moi, lapait, illuminé, le perceptible suintement. Comme j'y allais, somnambule et adroite, d'épithètes, de gestes ! Comme nous nous blessions, le ciel et moi, pour la pure jouissance des peaux à vif ! Quelles odeurs uniques !

A force de saignées, les mains se trempaient, et jusqu'aux mots nous nous prenions. Nous frôlions "Le miracle de l'hostie profanée", la Sainte Chapelle se fendait d'un bleu de porte, nous réveillions les oiseaux au tout petit jour. Nous étions ceints et oints, ah !

Je m'endormais, je te voyais chaque jour baisser la tête altière, je baisais la forêt de tes sourcils, de tes cheveux, de tes poils, tes mains ne tergiversaient pas de douceur.

Lourde devint la voûte, les murs nous civilisaient et nous barbarisaient...

Je nous vis encore roulant, mes yeux à ton profil, puis la nuit nous engloutit dans le tunnel.

Bien sûr, la terre est bleue comme une orange sanguine. Des feux crépitent Là-Bas qui tuent mille bonheurs hors normes, les plus indicibles, les plus concrets, voix, voix, corps !

Je ne fais qu'éplucher une orange, quartier après quartier qui claque dans ma bouche, et mon besoin de consolation est infini.

 

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Published by emmanuelle grangé - dans la nuit
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commentaires

soleildebrousse 08/08/2009 18:28

Mon commentaire a disparu... peut-être dans l'odeur de l'orange... tant pis.

soleildebrousse 08/08/2009 18:27

Une légère coloration des ongles apparut quand elle eut terminé sa lecture. Elle plongea, par un étrange mouvement de désarticulation, le nez vers le creux de l'épaule cherchant à savoir si elle-même aussi sentait le fragile fêlure de l'orange.

millgram 30/07/2009 11:59

qu'on ne me parle plus jamais d'orange!! j'aurais sa peau^^

edouard 30/07/2009 11:42

A mi-chemin de traverse entre Robe-G, Butor et les surréalistes.....chez Emma, faut pas s'accrocher, faut décrocher du plat asphalté, la tête ailleurs, comme dans le slide original ici-bas.

Sika 28/07/2009 19:51

Bonjour, et merci pour vos textes. J'ai vu, il y a quelques temps, que vous aviez commencé la lecture de "Pardon", de Gail Jones... Je suis curieuse de savoir ce que vous en avez pensé, alors si vous aviez le temps et l'envie de me glisser quelques mots sur vos impressions de lectrice, j'en serais heureuse ! A bientôt peut-être, Sika

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