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21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 11:36

 

 

 

 

 

C’est à peu près ainsi à pas grand-chose près. Tu tournes autour du pot, tu penses l’avoir circonscrit, tu y as plongé le doigt, l’as léché, et tu y retournes. Tu t’exclames par vagues, tu les penses indissociables l’une de l’autre, l’une jamais sans l’autre, l’une plus impétueuse, la dernière frangeant moussue l’ultime pellicule photo que tu ne te résous à développer. Tu entends leur écho faséyer.

Tu regardes, parfois tu notes à peine. Il se peut que cela disparaisse laissant toujours cette odeur toujours la même, un regain. Peut-être écrire te rassure-t-il.

Si tu étais poète cela se saurait, pourvu qu’ils ne le devinent jamais toi en proue glanant l’aube, la nuit, la tombée, argonautes, sirènes, mâts, tresses, lais entretroussés, le ciel, voûtes, chien et loup, béton, Boston, ça l’fait…

Il y a cette révolution autour du pot, tu la dis encore parce que ton doigt encore te rappelle ce goût rétif embrumé d’iode, un caramel effiloché peut-être une barbe à papa moins que possible sauf les carrousels, les seuls que tu supportais, avec le train fantôme, le reste, montagnes russes, chaises volantes, tu aurais pu les dégobiller ou en mourir, mais déjà tu te préservais, te réservais pour l’exceptionnel vertige de la grande roue, tu fichais les pieds dans la terre, et s’élançait ta tête pendant que bringuebalaient les nacelles sans toi, prudente déhiscence.

Il en va de même pour ce pont à claire-voie sur lequel ma peur triche avec les vaguelettes spumeuses qui m’inspirent les lavandières, le rappel de ma grand-mère le vendredi « aujourd’hui on se lave la tête » – les cheveux, va de soi, le cuir itou –, qui m’emmène sur la digue ferme et l’horizon subtil.

Tu as enfoncé la bonde, et toi dans le bain. Tu as laissé les paillettes sent-bon dans le pot, la tête sous l’eau, tu les vois, bleu lapis-lazuli, tu comptes les hippocampes flaccides et ne t’endors pas, t’as qu’à croire, la baleine a plus d’un évent dans son sac, elle remonte cracher le calcaire en geyser.   

 

 

  

 

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Published by emmanuelle grangé - dans sans
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commentaires

le babel 21/04/2013 16:58

Je me sens visé et j'en suis touché, mais je n'ai pas coulé dans la baignoire.

guardiola 21/04/2013 12:00

Sans tourner autour du pot, tu me bottes, avec tes lapis-lazuli.

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