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28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 11:16

 

 

 

 

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Cette nuit-là, Lotte et ses jérémiades m’empêchaient de dormir. Je les repoussais. Puis les soupirs ténus de Lotte, puis je me levais. J’ouvris la porte de son cabinet de toilette, elle me présenta, désolée, ses poignets entaillés. Alors je la pris par les bras, la secouai – je devais crier, sourde, comme dans les rêves. Ses bras étaient tout mous sans os, des ballots, désolés. Je hurlai.

Ce matin-là, je crus voir Lotte, ma mère, en robe longue orange, pieds nus glisser un marque-page dans son livre et m’apporter l’assiette fumante de flocons d’avoine. Elle tressait mes cheveux, je faisais semblant de manger, le bus attendait les écoliers, Kurt-Schumacher-Platz.

La veille, j’apprenais la mort d’une jeune fille, morte de la grippe, je connais bien sa mère. C’est comme un mauvais rêve. C’est comme pour de faux, c’est comme à hurler et à être là, de vrai. C’est à ne jamais savoir, à entendre, une nuit après l’autre.

Avant, c’était un petit garçon émerveillé par les jouets déballés, qui ne voulait pas dormir ce soir-là. Il caressait de sa joue le crocodile en peluche, il savait tout des requins du livre. Quand il tournait les pages, un ange passait.

 

 

 


 

 

 

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Published by emmanuelle grangé - dans la nuit
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commentaires

Frank 28/12/2013 12:02

... une mauvaise nuit...

l e b A b e l 28/12/2013 11:40

C'est comme pour de la faux qui taille dans la chair du vrai

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