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16 décembre 2014 2 16 /12 /décembre /2014 15:01

 

 

 

 

On aurait des rancunes, mais ça n’est pas grand-chose. J’oublierai assez vite, j’observerai les instants sans continuité. Il existe tant d’heureusetés, de leurres, de pointillés, etc. Comment pourrais-je m’en vouloir ?

L’instant n’a pas de visage ou celui que j’invente, bien obligée. Comment pourrais-je t’en vouloir ? Tu es si diffus sauf les paysages.

Justement. Ce matin, Paris est ouaté, va-t-il neiger ? On ne soupçonne le Doubs si plein de mercure tant il coule gai froid couleur terre et ciel. Quand je quitte Besançon, il fait soleil, pendant ces trois jours, il a fait gris et pluie ; j’ai pu contempler le papier fleuri japonais de ma chambre, je suis allongée sur le lit face au miroir de l’armoire, je vois le papier fleuri lorsque je quitte les lignes de mon livre. Je vois le jardin de la maison de Niort, la nuit, par une fenêtre de la grande salle à manger où nous travaillons, tous ont regagné leurs chambres. Le jardin de Giverny endormi encore au début d’un printemps frileux. L’Atlantique semble monter encore plus vite plus fort lorsque je m’assois sur les marches du sentier douanier à Saint-Palais. Il existe un arbre, un seul, sur les bords de la Charente qui préfigure l’Afrique que je connais à peine. Je cligne d’un œil, je déplace le paysage. Je ferme les deux, le soleil vient d’apparaître, furtif. J’entends aussi, un voilier par exemple qui remonte la Charente ou la nage d’un ragondin. Bien sûr, je sens, évidemment, je sens.

Je me rappelle, ce n’est pas voir ni entendre ni sentir, le méplat de tes joues : sur le sable de la plage, le regard aux nuages passagers qui dessinent, un instant, des pommettes. Sinon rien d’autre et heureux. Ou peut-être des cheveux heureux. Rien d’autre. Je ne t’entends plus. Les nuages sont filandreux et ne collent pas longtemps à la bouche.

 

 

 

 

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Published by emmanuelle grangé - dans sans
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l e b A b e l 16/12/2014 18:10

Ce n’est pas si simple d’agripper au vol l’ombre de ce marteau de bois qui frappe la terre, la glaise et l’herbe, pour en faire du pisé, de ce pisé dont on fera des murs crème avec assez de
trompe-l’œil pour que l’ombre de ce marteau — on dit un pison — rencontre nos crépis, comme un reflet dans une vitrine vient crever l’œil d’un souvenir, et que le présent en essuie une larme.
Non, ce n’est pas si simple à l'écrire : les dentelles du jour se fanent juste après l’heure du thé, en ce moment.

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