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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 15:42

 

 

 

 

Plusieurs fois la nuit, je trempais mon oreiller, les voisins entendaient peut-être l’eau couler, fraîche je la souhaitais, puis je repassais la taie sur la planche, un geste mécanique devant la fenêtre grande ouverte, je pouvais voir ainsi l’immeuble d’en face éteint, s’allumant peu à peu, entendre les différentes allures des voitures, sentir le brûlé lorsque la mécanique du geste s’abandonnait à la fatigue, lorsque mes cheveux collaient à mon front, mes tempes, ma nuque, que je trempais mon oreiller, les yeux grands ouverts au plafond de mon lit, immobile, exsudante.

Parfois, la recherche d’un mot, d’une expression me distrayait, cela m’amusait, cela était prenant et discursif. Je parlais au plafond qui me répondait par rais de lumière, la fenêtre grande ouverte.

Je veillais. Enfin, il me semblait veiller. Le froid seul sortait mon visage enfoui dans l’oreiller froissé. J’avais une chanson en tête, je ne savais d’où elle venait, je la fredonnais devant la tasse de café.

 

Je te la fredonnais et d’autres choses encore, c’était comme au premier jour. Je versais la goutte de lait, pas plus, dans le café. J’étais un peu plus loin, tu t’absentais. C’était pareil.  

 

 


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Published by emmanuelle grangé - dans sans
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