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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 18:49

 

Gabriel Monnet, 1921-2010 et des étoiles, pardi

 

Je me sens de nouveau abandonnée depuis hier soir : peu cher, aurait dit Gaby, et il m’aurait encore invitée sous le mobile de Calder dans sa maison entre mer et Cévennes à dévorer un poulet aïoli unique, il aurait encore béni ma fille de neuf mois alors me disant « ni fille ni garçon, quelle perfection… » Monnette, son épousée d’amour,  aurait encore accompli le chef-d’œuvre de la mousse au chocolat, j’étais si timide en ce jour d’été, si mangeuse de tes mots, de tes histoires, si écouteuse que dans mes casseroles et épices tu es là à jamais déclamant Mozart et tes mains tremblantes assurées de poésie sur la chair du seul poulet choisi par toi. Tu ne me manqueras jamais, une étoile de plus à mon tapis de nuit, mon tendre et résistant ami…………………… Bah, les larmes ne sont que celles de l’abandon…… tu n’es plus là à voir de loin et sourire de mes mains dans la cuisine et mon jardin !

et merde ++++++++++++++++++

 

 rêve 1

 

 

 

 

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Gabriel Monnet, fin du théâtre vivant

 

Disparition . L’acteur et metteur en scène, figure de la décentralisation, est mort hier à l’âge de 89 ans.

 

Par RENÉ SOLIS (in Libération)

 

Ce jeudi 16 décembre à Montpellier, il devait être encore sur les planches. Avec Georges Lavaudant et les jeunes acteurs du Conservatoire de Montpellier dirigé par Ariel Garcia Valdés, il préparait Etat civil, un spectacle à partir de textes de l’écrivain portugais António Lobo Antunes. Il n’honorera pas ce dernier projet de sa «présence amicale», selon l’expression du programme. Gabriel Monnet, acteur, metteur en scène et figure tutélaire de la décentralisation théâtrale en France, est mort hier matin à l’âge de 89 ans.

Officiellement, il était à la retraite depuis 1981, date à laquelle il avait laissé la direction du Centre dramatique national de Grenoble à Georges Lavaudant, son codirecteur. Depuis, dans sa maison au milieu des vignes et de la garrigue, près de Montpellier, il cultivait son jardin, ses lectures et ses amitiés.

«Clôture». S’agissant de Gaby - ainsi que l’appelaient ses amis -, le qualificatif de retraité était relatif. Amateur assidu de théâtre, il dispensait volontiers sa «présence amicale», remontant à l’occasion sur les planches - à condition qu’il s’agisse d’un petit rôle -, ou reprenant pour quelques représentations le Songe d’un homme ridicule de Dostoïevski, l’un de ses textes fétiches. Mais il préférait encore les lectures en public, indifférent au standing du lieu, grand théâtre ou arrière-salle de bistrot.

De la «popularité» de Gabriel Monnet, on peut trouver un écho dans ce compte rendu d’un conseil d’administration de l’association Double-Cœur de Bourges. Nous sommes en 2004 : «Lecture de Gabriel Monnet de textes d’Anton Tchekhov, Luigi Pirandello et de Lobo Antunes. Nous regrettons de n’avoir pas pu satisfaire toutes les demandes, mais les règles de sécurité nous interdisent d’accueillir plus d’un certain nombre de personnes, chiffre largement atteint ce jeudi 28 octobre.»

Le chiffre précis importe moins que l’image : à Bourges, quarante ans après, Gabriel Monnet faisait toujours salle comble. Il y était arrivé en 1961, en provenance de la Comédie de Saint-Etienne où il travaillait avec Jean Dasté, un des pères de la décentralisation dramatique. Deux ans plus tard, il inaugure la Maison de culture, l’une des toutes premières de l’ère Malraux et la seule à avoir reçu, en 1965, l’onction suprême : une visite du général de Gaulle.

A Bourges, Gabriel, Monnet est un fédérateur, qui alterne répertoire et textes contemporains, et s’ouvre à tous les arts, pionnier de ce qui semble aujourd’hui une évidence. Pour l’ouverture de la Maison, en octobre 1963, il fait venir le pianiste Samson François avec l’orchestre national de l’ORTF. Et le décorateur du spectacle inaugural - la Provocation de Pierre Halet - s’appelle Calder.

«Je voulais, écrivait-il en 2003 dans un ouvrage retraçant cette aventure (1), que le théâtre cessât d’être une clôture, un envers des murs, un lieu séparé de tous les autres. Je le rêvais ouvert, le jour comme le soir, aux disciplines dont il fait son pain : littérature, arts plastiques, musiques.» Acteur, directeur, chef de troupe, Gabriel Monnet est d’abord un artisan. Moins politique que Jean Vilar - son aîné de neuf ans - ou que Roger Planchon - son cadet de dix -, il est l’incarnation par excellence d’un théâtre public fier de ses origines populaires et provinciales, soucieux d’«offrir aux gens une relation à leur histoire» (Libération du 24 novembre 2001).

Lui-même n’oubliait pas la sienne, de son enfance au Cheylard, en Ardèche, aux années de guerre et de Résistance dans le maquis du Vercors.

«Plein siècle». Après Bourges, il dirige de 1969 à 1975 le Centre dramatique de Nice, qu’il doit quitter en raison d’un conflit avec Jacques Médecin, le sulfureux - et très réactionnaire - maire de l’époque. Nommé à la tête du Centre dramatique national des Alpes à Grenoble, il y fait venir un metteur en scène d’à peine 30 ans, animateur d’une troupe locale, le théâtre Partisan. Et s’efface progressivement au profit de Georges Lavaudant, tout en jouant dans les spectacles de celui-ci (Palazzo mentale de Pierre Bourgeade, Maître Puntila et son valet Matti de Brecht…).

En 1981, il décide de s’appliquer à lui-même la retraite à 60 ans, qui vient d’être votée, et laisse Lavaudant seul aux commandes. Un passage de relais qu’il explique vingt ans plus tard d’une phrase : «Je n’avais pas envie de devenir un notable.»

Il était bien le contraire : un curieux perpétuel qui détestait les conventions, dévoreur de livres et de journaux, naviguant entre enthousiasme et emportement, passionné du présent.

Dans sa présentation de l’Ecole des femmes à Bourges en 1961, il écrivait : «On n’ajoute rien à un ouvrage de Molière. Tout s’y trouve. Tout y est. On y entre si l’on peut, comme dans l’intimité d’un autre, comme dans son cœur. Et quel cœur ! Ce comédien n’est pas un penseur, philosophe ou psychologue, il est un homme "de plein siècle" comme on dirait "de plein vent", secoué, traversé par tous les ouragans de sa vie et de son temps.»

Un autoportrait.

(1) Comédie de Bourges 1961-1968, éditions Double-Cœur>

 

 

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Published by emmanuelle grangé - dans la nuit
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commentaires

Christian B. 05/01/2011 01:02


et m. oui...
...))))


Llanafan 02/01/2011 17:21


J'aime Avignon car on voit la machine acteur - et la machine chanteur aussi au master classe de l'Opéra -. Les veines qui gonflent. Les pieds qui se posent solidement pour assurer le gonfler de
torse... je regarde parfois tellement la machine magnifique que j'en oublie le texte magnifique!


Thierry Benquey 18/12/2010 18:16


Un bel hommage en vérité.
Amitié
Thierry


BB 17/12/2010 23:56


Ce qui te touche me touche, vois tu ?


Sybille de Bollardiere 16/12/2010 20:49


Merci pour ce beau partage


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