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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 14:59

 

 

 

 

Non, vraiment rien n’affaiblit l’instant, celui-ci est juste un peu encombré de fils parasites, de fils coupés, rien, les jours rallongent. Les premier mai, les longues fins de semaine, les vacances engourdissent, tant mieux, quel jour sommes-nous me demanderez-vous, pas loin, je vous répondrai, un pas après l’autre, je vous entends dire ça, un pas après l’autre, près du cinéma.

C’est un jour de printemps, je crois. En tout cas, rien ne peut contredire mon souvenir de ce jour ensoleillé, tiède. C’est un jour de demi-saison, nommons-le ainsi. C’est un jour définitif pourtant, on n’y voit que poudre de soleil, on y entend parfaitement même si on fait la sourde oreille. On devrait en prendre de la graine.

Je file machinalement depuis leur sortie d’hôtel un couple. Jusque là, je suis encore accaparée par Amour, ce film de Haneke, par les acteurs, la musique ; je marche, vide ma bouteille de Badoit, examine les pigeons (dans le film, il y a une histoire de pigeon), et suis ce couple.

Je ne sais toujours pas qui ils sont, jeunes, vieux, moyens, je ne verrai pas leur visage, je vois leurs vêtements de demi-saison de dos, plutôt blancs, gris, bistre, couleur pigeon. C’est reposant de marcher dans leurs pas, c’est sans idée, ça suit la sortie du cinéma, à ce rythme. Ils ouvrent un parapluie, moi le mien. Il pleut souvent, nous avons pris l’habitude du parapluie, de la capuche, il tombe des grains, nous nous protégeons si bien que nous n’entendons que la pluie. Il fait confortable, un pas après l’autre.

Je leur file le train. L’un a un bras sur les épaules de l’autre, un grand bras gris, l’autre un autour de la taille de l’un, un bras blanc. Je vous raconterais bien cette rencontre avec eux, leur visage, mais à cet instant, le soleil m’a éblouie, je ne les ai pas vus disparaitre, ils n’étaient plus là, pourtant l’instant d’avant, j’aurais pu les toucher du doigt, les reconnaître avant d’écouter Schubert.

 

 

 


 

 

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Published by emmanuelle grangé - dans sans
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commentaires

guardiola 07/05/2014 10:30

J'ai bien suivi et j'ai bien aimé ;) Cette tentation de suivre, je la comprends, comme si on voulait être un paparazzi bienveillant ( et unique puisqu'il ne serait que discrétion et délicatesse de
A à Z ), laissant les filés à leur anonymat, à leur bonheur.

l e b A b e l 03/05/2014 00:59

Je ne savais pas encore que Schubert épousait le rythme de la pluie.
(Et je n'ai pas reçu la notification !)

sybille de bollardiere 01/05/2014 20:34

Moi aussi j'aime...

Aurélia de Pempénic 01/05/2014 18:19

Il n'y a rien de plus à dire... j'aime!

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