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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 15:15

 

 

 

Ah ! c’était encore un jour très froid, et pas envie d’en griller une la tête insolée, les jambes dans le frimas sous l’auvent du café. Nous partîmes donc sur la banquette intérieure de chauffage central épluchant , enfin, moi surtout, nos couches de laine, laine et soie, étamines, plumetis, organdi, j’exagère un peu même si bien nue je me retrouvais profil à vous, encostumé,  sur la moleskine à déblatérer et soupirer des aléas et des ouf de la vie. Je parlais comme à l’habitude de ceci et surtout de cela, cela vous plaisait ou vous ennuyait, cela faisait couler le temps, et bientôt nous rejoindrions nos chaumières respectives fumantes de faveurs personnelles. Vous commandiez un Blanc de Blancs.

 

Oh ! j’ai oublié de vous parler du cadre que j’aime. Il ne répond à aucune région précise, aucune identité, il se veut avant tout celui d’un hôtel au vaste hall où d’un fauteuil au design convenu, impersonnel  nous pouvons observer ou ignorer les parlages de tous pays. Calés en ses cuirs ou synthétiques, peu importe sauf la transpiration qui, à la longue, nous font sentir la différence, nous parviendra une musique susurrée, du jazz siropausé, une superbe de Benjamin Biolay, nous nous calmerons des cris de la rue ricochant sur le double vitrage, nous admirerons l’absence de portier, de liftier, le tourniquet d’entrée glissant sur le sisal prolongé de moquette ou de parquet chauds insonorisés.  La maladie s’estompera parce que vous m’en aurez parlé, vous l’aurez nommée ; je n’en serai pas plus riche de vous, vous en aurez fini de votre protection à mon encontre, je vous en aimerai plus si cela est possible. Comme vous sauriez mon goût de vous en cet astronef, comme vous tairiez à la mort ce mal qui vous culpabilise jusque dans les entrailles… J’aurai choisi une chambre jouxtant la mienne, regardez, manipulez le sommier qui élève tête et jambes, du lit vous pouvez ajuster les stores, dehors les cerisiers du Japon floconnent pour vous leurs pétales.

 

Nous jetions nos coupes à la renverse, téméraires, nous nous souhaitions l'encore meilleur des jours à poindre, il était temps de regagner nos portillons de métro. De nouveau emmitouflés, nous nous souhaitions la bonne soirée dans les courants d’air. J’avais des éructations à cause du champagne, je les exprimais sitôt de retour en ma chambre d’hôtel via le hall où je demandais papier et crayon anonymes.

 

 

 

 

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commentaires

anatole2011.over-blog.com 20/01/2011 16:36


ton écriture, si particulière, que même sans les références, elle m'emporte en quelque intimité à la fois confortable et mystérieuse
ton écriture et sa part de solitude


Christian B. 15/01/2011 13:51


Le ton, le son en tenue et retenue des plus sensibles de la note, traversant temps et espaces. Là - oui, ici - où si belle touchante Ronde se prolonge...


fragon 11/01/2011 11:08


Pourquoi ne m'est-il pas donné d'aimer comme elle ? j'aime ta confiance. Malgré les peaux qui se délitent, nous pourrions donc encore se faire aimer encore longtemps.
ô les beaux cerisiers qui font toujours leur effet.Il me tarde d'aller célébrer les amandiers.


Thierry Benquey 10/01/2011 09:50


Me fait penser à une toile, impressionniste ?
Je t'embrasse amie.
Thierry


lilas kwine 07/01/2011 11:11


parfois je ne sais tellement pas commenter, les émotions que tu provoques, mais le coeur y est bien.


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