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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 22:45



13 janvier 2009, séisme à Haïti, 22h45

 



Je voudrais écrire sérieuse, parler de là où ça fait du mal et surtout du bien.


Je voulais être reporter, aussi  envisageais-je  les études.


Je voudrais décrire les longues plaintes d’amour et de mal, mais surtout de bien.

On dira de moi, quelle sensualité, et je froncerai les sourcils, graves et humbles. J’inventerai un autre mot à écrire, celui-ci s’entendant simplement.


Je voudrais entendre : encore !  du lecteur, et j’en aurais des oreillons stérilisant, du pain sur la planche à rester aimable dans le sens du poil. Comme on fait son lit, on se couche. Je sècherais. Cependant, « encore », j’aimerais… Las, n’est plus la seule main à ma joue…


Je voulais acheter une maison aussi vaste que ça à mes parents avec la mer à côté pour maman.


Je voudrais dégager la touffeur et  t’en faire humer l’essence.


Je vous présenterais encore Zina sur un carton servie au coin de ma rue. Sa peau de cire et sa fille qui a perdu un œil.


J’aurais horreur de la sublimation photographique comme W. Benjamin –là, je vous coincerais le bec ou vous en boucherais un coin-.


Je me mettrais à peindre de dix doigts, d’un seul trait comme les enfants.


Je ne voulais pas grand-chose, mes rêves étaient plus grands.


Je réfléchissais du haut de tous mes printemps dans le très grand arbre mille et centenaire, puis, finalement, après grande résolution, suite à une grande concertation au sommet avec moi-même, grands cheveux au vent, nez claironnant, je dégringolais, atterrissais sur le coccyx.

Je prends un cahier, un clavier (je perds moins un clavier qu’un cahier dans mon lit froissé) et une ligne par jour, plus si affinités, les plus lourds, ce sont les dicos, je me demande toujours comment écrire après Cranach et Beckett, je tente, je tente sous mes draps… Je souris beaucoup, parfois même je me regarde avec grande indulgence et  me souris.

 

Un jour, j’écrirais encore de mes temps imparfaits.

Demain, j’écrirai de la beauté aperçue, touchée, mais pas de l’abolition de l’esclavage à Haïti.

 

 

 

 

 

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Published by emmanuelle grangé - dans la nuit
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commentaires

sophie 11/11/2012 11:39

Emmanuelle,un roman...c'est une belle nouvelle!

sophie 05/11/2012 12:19

écris!nous aimons tant te lire...

emmanuelle grangé 05/11/2012 15:35



tu es une voyante, Sophie, je termine la relecture de mon roman. Merci



le babel 05/11/2012 10:37

Ne te fais nul souci : les déserts de Norge qui n'avons rien, nous, nous parlerons sérieux. Toi, pensée, fleuris, sens bon…

emmanuelle grangé 05/11/2012 15:36



je tente, j'essaye, souvent avec le sourire sur moi-même



soleildebrousse 15/01/2010 15:50


Tu as raison d'écrire. Moi, j'essaie actuellement autre chose. Ou, simplement, je tente de faire. Non pas les textes, mais les choses simples de la vie comme disait l'autre. Je compulse, je trie,
je photocopie et j'entre ainsi bardée pour essayer de dire l'espoir, la valeur d'une vie, la raison de continuer.
En face parfois on me répond : fatalité. Et je dis non. Non. Non. Je dis l'argent mal dépensé, je dis les choix plus triviaux. Je dis et le silence se fait. Enfin, on pense.


Stipe 14/01/2010 19:25


ton écriture est si smique que j'en ai des tremblements (mais pas de stupeur, notons !)

quel plaisir de te lire à nouveau avec cette plume.


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