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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 16:40

 

 

Les premières vacances scolaires ont lieu grâce à la récolte des pommes de terre, qu’on soit de la ville ou du champ.

Les Salzkartoffeln sont des pommes de terre sommaires, bouillies dans de l’eau salée, néanmoins enrobées, en fin de cuisson, d’une subtile couche presque craquante tirant sur le jaune poussin. Le nec plus ultra déboule lorsqu’elles entourent la truite au bleu du printemps, bestiole pêchée par le père, finement surveillée dans le court-bouillon par la mère, et que le beurre frais se répand, abandonné sur la faune et la flore. 

A l’Est et à l’Ouest, les déjà mêmes gelées et façades d’immeuble trouées, les mêmes Bockwurst ou Bratwurst autour des patates, les barbelés. Les mouettes frôlent la Spree, on déclare indésirable Biermann, la Hagen ne s’appelle pas encore Nina, les croix. La petite s’emmêle les pinceaux dans la langue franco-deutsch, on l’emmène voir Nefertiti au musée de Dahlem, son œil. Parfois, on traverse le cimetière de la Müllerstrasse pour aller donner à manger aux sangliers qui puent et aux faisans dans les volières, des glands. D’un coup et jusqu’à la fin de l’hiver, on baisse les volets à 17h, on aplatit dans un dico les feuilles mortes glanées, le mur. La petite attend son amie qui lui parlera d’Ulrike Meinhof, ça sent la buée salée des pommes de terre dans la cuisine, les parents sont partis à un raout diplomatique à l’Est, soupir. Demain, il fera jour un peu plus tard, elle se couchera comme elle fera son lit, purée.

 

 

 

   

 

 

 

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Published by emmanuelle grangé - dans sans
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commentaires

anatole2011.over-blog.com 03/11/2011 14:30


une telle poésie se dégage
de la solitude et du poids
du geste qu'il faut bien accomplir
une telle poésie du texte qui nourrit l'image
et la porte plus loin


BB 01/11/2011 19:45


Regardé tes albums.
Difficile de ne pas être ému.
Souvenirs..


le babel 27/10/2011 08:58


Dimanche matin venu, entre deux heures, chacun soupire pensant à Harald, étudiant en physique où enseigne une Mme Pr. Dr Maerkel. Il ne cesse d'écouter Biermann chanter la rose et les barbelés. On
ne sait pas si on doit être fier de lui, ou avoir peur pour lui; lui mettre une assiette ou attendre une lettre. Manger son pain donne un sentiment de complicité, mais avec qui ?


hervé pizon 26/10/2011 18:06


forcément Delphine, à te lire, le temps est si long et les vaches trop maigres entre deux blogs, signé Jeanne.


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