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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 18:30

 

 

 

 

 

La commune mortelle

 

 

Oui, oui, je te serinais la rassurance

comme un et un seraient côte à côte

plus sur des esses pendouillés

un dernier mot à dire

un espadon volait et atterrissait en mon assiette

jaune de citron à peine cuit

mieux ça valait

une arête déglutissait la peine

nous ravalions nos larmes

Pourquoi, dis-moi, mon rassureur,

ne puis-je voir d’une face pleine la lune

la photo de celle qui entre en ma cuisine

le matin boire le café

Pourquoi  la vois-je telle arriver en ces jours

et de nos instants nous ne parlons plus

mais le temps malaxé de ces moments chuchotés mal réveillés

perpétue ce rite de la tasse et du sucre banni

ce matin encore, il est 8h,

(au carreau se balancent rouges les géraniums de la vieille d’en face)

déjà elle feutre l’escalier

me fait sursauter toute à ma contemplation chassieuse

nous taisons à l’habitude le pourquoi

évoquons le parcours de la journée

nous retrouverons peut-être et pourquoi pas le soir

sans savoir de quoi ni qu’est-ce nous jacterons

de cela je me souviens et le lugubre et les désaccords

et puis de nous amantes, mères, … en l’espèce femme

Pourquoi ne puis-je revoir une photo d’elle

sa chair respire trop fort comme son souffle pénible

derrière moi portant sa valise

ô rassurant , ne réponds pas, je t’entends

tu m’enlaces

j’enfouis mon visage,

petite, en ta rassurance

plus grandie sans doute

et pourquoi pas.

 

 

 

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Published by emmanuelle grangé - dans allez - des poèmes
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commentaires

Sybille de Bollardiere 20/06/2011 21:26


Quelque chose que je n'ai pas su ni vu traverse tes mots. Trop tard pour de longues phrases, juste une pensée amicale pour toi.


frank 08/06/2011 17:58


La rassurance ... C'est le mot


GUARDIOLA 04/06/2011 21:51


Bah moi, ça me rassure te venir te lire bien avant d'oublier totalement de le faire, et bien après la tempête...


Christian B. 30/05/2011 21:02


Ressorts et voix se brisent tant dans ces instants-là, revenant sans crier gare (suffit bien d'un rien pour cela, au jour la nuit, ou de telle noire journée d'un calendrier.Pour ma part, hier
encore, et doublement...) et si lourds que même les silences souvent cruellement complices viennent tonitruer l'Absence, la Présence infinie. C'est peu dire que tes mots, toujours de si
merveilleuse portée, me parlent... Là, ( et moi resurgissant ici après tout ce temps...) comme je t'entends!...))))


Seb 30/05/2011 16:38


Souvent toutes ces émotions! Souvent!


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