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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 03:20

Ce matin, presque deux ans après, "on" me redemande, très menaçant, de supprimer entièrement ce texte. Je vais donc enlever le nom propre dérangeant, nuisant à la carrière de "on" car mon texte apparaît bien placé quand on tape on sur les moteurs de recherche. Je suis également obligée de censurer tous les commentaires où "on" est cité. Ce texte amputé restera en l'état.

 

 

 

 

Avant-hier, on ma demandé d'enlever une partie de mon texte ci-dessous écrit le 5 mai 2011. À ma question "me direz-vous pourquoi ?", on n'a pas répondu. Plutôt que causer des désagréments à on qui me semblait beaucoup plus en voix et vivant(e) en mai 2011, j'exécute cette espèce de censure et le dit ce dimanche 19 août 2011.

 

 

 

C’est très sérieux, on ne peut plus sérieux, et sans cesse de fouilles :

Je reviens de Tours où je vis un spectacle de théâtre, « Prométhée selon Eschyle »* mis en scène par Guillaume Delaveau. Si Vous n’habitez Tours, si vous n’allez pas d’ici deux jours au Nouvel Olympia voir ce spectacle, c’est foutu, vous ne le verrez jamais. Il aura été représenté une petite quinzaine de fois disséminées à Toulouse, Tarbes, Dijon, Tours, et stop. Ainsi va ce monde de fous, il lui faut des corps en éructations, du zapping, et surtout pas trop de paroles pour placarder « 100e représentation exceptionnelle ! » Pauvre Guillaume en ton grand Prométhée qui délivre les mots par la chair de tes grands acteurs qui enfin ne gesticulent plus mais parlent. Même moi, la fiéraude théâtreuse, ai dû faire preuve de grande vigilance car tant de densité, d’émotions ne m’étaient proposées depuis longtemps.

Ton propos s’ouvre en cinémascope, le régisseur sur scène veille au grain des poulies qui actionneront  les écrans annonciateurs des instants, chapelet du temps, des saisons (ô ce chœur  coryphée représenté par Flore Lefebvre des Noëttes, jeune et vieillissante, lavant les yeux de Prométhée), en une unique bataille de corps entre Héphaïstos et Prométhée, puis les clous terrassant l’homme de feu, puis la parole seule. Entends-tu le silence du spectateur -qu’on prend trop souvent pour un sot- à l’écoute ?

Tu fais un travail de laboratoire avec vue sur notre pitre temps, tu ne juges pas, tu proposes la parole plutôt que la gesticulation.

/

A la fin de la représentation, des saluts, arrivent les acteurs au bar du théâtre (quand il y a bar ou qu’il n’a pas fermé avant ! Ce lieu de soupirs, d’échanges, de rafraîchissements est lui aussi en voie de disparition.) Ce soir-là, après le bar, j’ai suivi la troupe dans une brasserie, j’ai parlé longuement avec ------ qui, comme moi, a « fait » l’Ecole du théâtre National de Strasbourg en tant qu’élève comédienne. Sauf que pas comme moi, elle a la peau un peu beaucoup plus foncée. Ce qui lui a déjà valu quelque grand dégoût de notre joli grand métier en douce France. Ce qui me vaudra peut-être un énième purgatoire en relatant cette glorieuse histoire :

Nina Nkundwa a assisté il y a quelque temps à une sorte d’audition publique menée par Bernard Sobel, ex directeur du Centre National dramatique de Gennevilliers (vous trouverez sans aucun doute sa bio. sur Internet), elle y venait non pour postuler un quelconque éventuel rôle, mais par curiosité du « patriarche ». Cette espèce de premier casting était sous forme de conférence de la part du maître. Vous pouvez imaginer le nombre de jeunes et moins jeunes gens acteurs agglutinés à la parole de Bernard Sobel… A l’issue de cette grandiloquence, maître S. se précipita sur Nina Nkundwa et lui dit : je vais monter une pièce russe, et vous pensez bien qu’il n’y a aucun rôle pour vous. Nina abasourdie essaya bien de lui répondre qu’elle n’était pas là pour ça, mais monsieur était déjà parti, et personne dans l’assistance ne broncha.

Ceci est un exemple de ce que Nina Nkundwa affronte trop souvent dans ses débuts de jeune comédienne.

Il y a quelque chose de pourri dans…  Je me rappelle avoir joué la Sophonisbe de Corneille, une Carthaginoise,  Alia dans « Terre sainte » de M. Kacimi. Quel toupet inaperçu dans notre bienséance ! Je me rappelle Bernard-Marie  Koltès qui écrivait pour ceux pas tout à fait blancs blancs… Depuis je n’en reviendrai jamais de notre médiocrité !

----- songe à retourner à ses études de lettres modernes d’avant le concours du Théâtre National de Strasbourg, à moins qu’elle ne soit mangée par les petits cochons d’une série télévisée en quête d’audimat bonne conscience-par-les-temps-qui-courent…

/

Je n’ai pas une dévotion spéciale pour Peter Brook même si j’ai vu plusieurs fois en France et ailleurs son spectacle « Le costume », mais je le regarde toujours nous montrer le quotidien, le visible, l’invisible ; ses acteurs ont des goûts de peau différente, quels sens !

 

 

 

 

 

*traduction du grec : Irène Bonnaud
mise en scène : Guillaume Delaveau
avec Gérard Hardy, Wolfgang Kleinertz,
Régis Laroche, Flore Lefèbvre des Noëttes,
Régis Lux, Jean-Claude Sachot
Régie générale et son : Yann Argenté
Régie plateau : Vincent Rousselle
Régie lumière : Robert Vucko
Costumes : Olga Karpinsky

 

 

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Published by emmanuelle grangé - dans sans
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commentaires

on 12/03/2014 01:17

ON, l'actrice dont vous parlez dans votre blog c'est moi donc "censure" est un bien grand mot et surtout j'ai le droit de vous demander d'enlever soit mon nom soit l'article qui apparait dans les
résultats google, c'est le droit le plus stricte pour tout un chacun alors épargnez moi vos sarcasmes et vos réponses plus que condescendantes emmanuelle.

soleildebrousse 03/03/2014 14:30

Je n'ai pas compris.
C'est quoi le problème ?
La censure, elle vient d'où ? par qui ? et pourquoi ?

emmanuelle grangé 03/03/2014 16:50



je ne comprends pas plus que toi ou à peine plus. Dans ce texte, j'ai enlevé d'abord la sérieuse annecdote qui concernait le fameux "on", puis, aujourd'hui, toujours à la demande de "on",
l'identité de "on". La demande était tellement impérieuse, bafouillée que j'ai craint pour la vie de "on", ha ! Disons que l'entourage de "on" n'appréciait pas ce compte-rendu de spectacle
préjudiciable (dixit) à sa vie d'aujourd'hui. "On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans". Enfantillage que tout ça, néanmoins très surprenant et désagréable pour moi.



emmanuelle grangé 03/03/2014 14:00

voici le message de "on" lu ce matin, 3 mars 2014 :
"dernière requète
bonjour, je vous demande une dernière fois de supprimer votre article. Sur les résultats de recherche me concernant car cela nuit très clairement professionnellement. OU de supprimer les noms
propres de cet article car cela relève de la vie privée et par conséquent les nuit aussi, de plus c’est obsolète cet article et il parait en deuxième page des résultats google. Non pas que c’était
votre intention de plus le débat étant plus large. Je ne dis pas cela mais les conséquences directes provoquent l’effet inverse. Et cela est déplorable n’est-ce pas ? tenez-moi au courant de cette
suppression. Bien à vous"

Sybille de Bollardiere 19/08/2012 16:51

Merci Emmanuelle !

le babel 19/08/2012 11:22

La censure m'a dit "vos gueules, les mouettes !". J'n'aime ni le steack amputé, ni les ablations in vivo.

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