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6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 11:08

 

 

 

 

Parfois quand vient une lassitude, vous revenez tant, vous ne savez pas, je vous vois, vous me faites du bien. Parfois quand vient une joie, vous revenez tant. Sans doute parce que vous n’avez pas bougé, vous êtes là, vous voyez ?

 

Vous êtes toute petites, dégoulinantes de chocolat ou dans une barque sur le lac où le cornet de glace s’est fendu.

Vous êtes trois sœurs.

Vous dites, plus fort que le théâtre, cela de vous me reste.

Vous m’offrez une robe à plis savamment froissés, elle est toute chiffée lors du lavage.

Vous m’offriez un voyage en autocar en Amérique du Sud, mais je ne savais pas encore la France.

Je ne sais où est votre peau d’âne, vous avez des rubans et un petit truc en plus.

Vos chaussures bleues ce jour-là et plus tard.

De vous me reste le souvenir d’un papillon en cristal de Baccarat.

Un « oui ! » gravé

Vous disiez, Bizoute, et m’embrassiez.

Je vous appelais Langstrumpf.

Vous êtes mon indien du bois de Vincennes.

Vous raccrochez le combiné, à votre habitude, sans prévenir.

Vous avez été vexée comme un pou, depuis, vous êtes un peu plus loin, pas trop.

Je vous ai retrouvé, vous aimez toujours les chevaux, je ne vous l’ai pas dit.

Je vous crois quand je vois vos photographies.

Vous me demandiez, qu’est-ce que la géomorphologie ? Vous êtes Tunisien.

Vous avez des cheveux blonds et une isba en proche banlieue.

Vous portiez des gants rouges aux Tuileries.

Je vous nommais « ma nièce ».

Il vous arrive de prendre des vacances sur une île.

Vous auriez aimé être chanteur.

Vous me dites que la rivière vous apaise.

Nous visionnerons les courts-métrages, vous vous serez rasé.

Vous promenez vos chiens.

Vous habitez Brest dorénavant.

« À ma petite sœur »

Je détestais vos interrogations de géographie, mon père.

Je découvrais Ulrike Meinhof grâce à vous.

Vous m’avez citée, vous et vous, sans me demander, j’ai été surprise, j’ai aimé, vous pensez bien.

Vous, plus que d’autres metteurs en scène, Jean-Marie.

Vous m’avez fait rencontrer Jean-Marie.

Vous êtes mon jumeau.

Vous avez entendu ma voix au téléphone, vous avez confiance.

Il me tarde de vous lire, je vous parle en peignoir de ma terrasse ou dans votre cuisine blanche à Tanger.

Jill

Vous étiez charmante même si incrédule, « ma fille » a épinglé mes cheveux en arrière, c’était bon.

Vous vous êtes perdue, vous êtes arrivée à l’heure au théâtre.

J’ai votre écharpe rouille et vos vitraux.

Proposez-vous encore un verre de porto à une femme ou du whisky enfin ?

Vous étiez Jean dans Mademoiselle Julie au concours du TNS.

C’est drôle, ce lac Léman entre nous.

J’accuse réception de vos écrits, parfois, vous me parlez en direct.

Mes fillasses

« Carmen, je t’aime. »

Vos fautes de français et votre accent n’y sont pour rien.

Votre écharpe tricotée vert et or

Votre passerelle-jardin fleurit, mon ami, demain je vous rends visite.

J’ai un livre d’histoire pour vous, vous n’aimez pas les romans.

Vous appelez-vous vraiment Camille, vraiment ?

Je vous ai toujours connue en bonne santé, vous parliez haut.

Vous êtes celui depuis, depuis vous me plaisez, vous m’avez appris à consolider des marches dans les escaliers de sable sur la plage de  Saint-Palais.

 

Jamais vous n’arrivez ensemble, ou dans l’ordre d’apparition, c’est pénible, les listes, c’est tant mieux, c’est oublieux, c’est sans crier gare, comme ça.

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

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Published by emmanuelle grangé
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commentaires

hervé pizon 09/04/2014 00:21

c'est drôle et généreux à la fois.

l e b A b e l 07/04/2014 19:12

C'est que, Madame, on a de l'éducation, nouzaut'. Les clairons de la renommée, on les laisse aux trompettes sapés commac des caîds en sucre. Matavez, Madame, comme c'est qu'on est planqués façon
piaf au Luxembourg !

soleildebrousse 06/04/2014 11:30

Tu vois, je ris, Babel et moi, à la même heure comme deux ombres sous les micro-feuillage du printemps et de la foi presque recouvrée...

emmanuelle grangé 06/04/2014 12:25



tu vois, je ne vous ai pas entendu arriver, Babel et toi !



l e b A b e l 06/04/2014 11:29

Et soudain reviennent les "die Eine dienen die Anderen bedienen" du Floh de Cologne !

soleildebrousse 06/04/2014 11:29

Alors là, c'est comme un énorme soleil au milieu du ciel léger tout "encrachiné" de ce dimanche de printemps...
Qui fait du bien fait du bien...
oui...

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