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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 10:38

 

 

 

 

Rugbyman

 

 

 

Quelque chose de lui me hante : ses cuisses, là encore de visu sur une photo envoyée de Shanghai. 

Ses propos m’avaient d’abord enchanté la tête. Ensuite, encore. Il marchait en crabe, sans doute avait-il besoin de me voir tout en parlant. Il pleuvait, les parapluies se heurtaient. Nous descendions les pentes glissantes du parc, les monter lui était aisé, il ajustait son pas au mien.

Dans l’angle bas à gauche, le début de la baie, je me demande de quel étage il appuie sur le déclencheur, sans doute à cause du vertige. Sinon aurais-je regardé le ciel ? Il est toujours possible de voir une photo de son point de vue.  Comme les mots qui deviennent écriture. Quelques cargos et du brouillard. Puis la vitre verte sur laquelle il a collé en riant un magazine. J’essaye de déchiffrer, je panote, j’essaye, je panote, il faudra revenir comme pour les mots, je me prépare un café, je m’attarde sur l’orchidée d’Otto Alexis D. avant de revenir            les gens ont remis des manches longues          je les verrai mieux lors de ma prochaine pause, ils attendront l’ouverture du Franprix, en gilet, en veste          France a quand même sorti les tables du Bijou Bar           en me penchant à la fenêtre avant de revenir. Il va pleuvoir ou s’alourdir ou refaire orage.

Le point sur la vitre, le magazine est épais, vole au vent, flou : - Devine ! -Tu exagères ! Je croyais que la climatisation ordonnait la fermeture des fenêtres comme elle octroyait au client le Wi-Fi voire un micro même avec certaines touches effacées et sans accents, je me rappelle les excuses d’un ami canadien parti en Afrique, j’ai enfin deniche un ordinateur, fiche ma carte memoire, j’ai clanche pour t’envoyer ce premier cliche d’un flamboyant. Je t’espere en droite et derniere relecture, sans accent comme tu vois mais avec coeur, etc., et ses photos récentes du dispensaire au Moyen Juba. Il a dû faire soleil au moment du déclic, c’est en y retournant que j’observe ce qui avait échappé à mon premier coup d’œil hâtif, l’ombre de ses cuisses sur le vert de la baie de Shanghai. J’étais allée droit au titre du magazine, lequel titre je n’ai toujours pas compris, j’avais entendu son rire, j’aurais pu passer outre l’essentiel formidable de son anatomie si je n’avais pris le temps de voir entrer ce matin les premières personnes sous leur parapluie à Franprix.

 

 

 

 

  

 

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Published by emmanuelle grangé - dans portrait
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commentaires

stipe 13/07/2011 11:06


mazette !
et le gros nigaud qui se sent obligé de se justifier...


stipe 13/07/2011 10:22


oh, je n'ai pas fait mention de joie trahie...


emmanuelle grangé 13/07/2011 11:04



mais je sais ! dit la mijaurée



hervé pizon 09/07/2011 00:42


j'aime


emmanuelle grangé 13/07/2011 10:27



lu



anatole2011.over-blog.com 08/07/2011 00:23


il y a les pas, n'est-ce pas, les pas promenades, la pluie aussi, et les regards revenant en mots dans un texte qui est toujours un poème, deux personnages, parfois plus, un rythme, un ton avec des
ruptures mais aussi des boutures et tout cela tient bien dans le creux des rebonds, le titre, le texte, les références et cela pousse en épis, un paysage, irisé, ondoyant avec la pensée...et chaque
fois,je me mets à sourire


emmanuelle grangé 13/07/2011 10:40



du bien et du courage tu me donnes dans mes exercices quotidiens



Karnauch 07/07/2011 10:48


Joli jeu de miroitements, qui regarde, qui est regardé? qui est en retard, qui est regretté? un peu tard pour me mettre au rugby, cela dit... la belote (basque... oh, que je suis amusant)...
peut-être?..


emmanuelle grangé 13/07/2011 10:22



demain je regarderai mieux, je te dirai



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