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2 août 2010 1 02 /08 /août /2010 23:46

 

 

 

Tu vas me manquer (sic)

 

 

          Ainsi n’ai-je jamais mis les pieds en Afrique ou à peine dans le nord sur la place Jemma el Fna, en revanche, j’ai glissé dans les guêtres de M. G… et de Mme D…, j’ai mis aussi un plaid façon Thomas Mann, je n’ai connu aucun sana, la montagne me fout le cafard, surtout les gorges étouffantes. Petite, je disais à ma mère, j’aime ta poitrine chaude : j’y enfournais ma tête. Mais la montagne, vraiment, non.

Tout est peut-être arrivé par le géranium pendu la tête en bas dans la cave lors des hivers. J’ai une passion pour les bouquins d’horticulture, je n’ai pas la main verte sinon mon fuchsia n’aurait pas péri 10 jours après son rempotage, j’ai appris que le géranium venait d’Afrique, on parlera d’ailleurs plutôt de pélargonium comme ça pas de lézard dans les sous-espèces. Je cause aussi aux plantes, un ami que j’énerve chroniquement prétend que j’ai toujours le dernier mot, ça le regarde –convenez quand même que le silence masculin existe-. Toute môme, j’ai vu la mer, celles du Nord, la Baltique, die Ostsee, die Nordsee, j’ai chaviré dans l’eau froide, mes parents me trimballaient dans un canard pneumatique, je n’ai appris à nager que bien plus tard, traumatisée que je fus, je me baladais sur les plages ventées, sur les dunes ventées, j’ai alors empagé mes premiers herbiers, regardé les tortillons de vers de mer sur les sables mouillés. J’ai su très vite lire, ma mère était sans arrêt en cure et me laissait devant une tisane et un Apfelstrudel des heures et des heures, c’était ennuyeux. Je n’aime pas les peignoirs, vous savez maintenant pourquoi.

Tout ceci, s’il est vrai, je veux dire vécu, ou s’il n’est pas vrai, je veux dire sorti de ma collection d’herbes, provoque une urgence d’écrire, et vice versa ipso facto.

Bien sûr, ingrate je ne suis pas, souvent très silencieuse pour une causeuse, je tends l’oreille à toutes sortes de gens, je réponds oui-oui, parfois « je t’emmerde », l’injonction des timides, lorsque je me tais, il y a réflexion sans tintouin. Il m’arrive de passer un rouge précis sur mes lèvres, ça fait comme si je ne pleurais jamais, ils voient juste la bouche –vrai, faux ?- Il m’arrive de réfléchir en ébarbant les plantes, pour les rosiers, c’est précis, d’enlever la mousse autour des collets. Je suis très aimée, on me le dit, de la taille au pied, même sur le col, les yeux, il reste des traces.

 

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commentaires

fragon 10/09/2010 19:52


Le joli jeu de mots que mes yeux me firent en voulant me lire sur le Khol... au lieu de col.
J'aime te lire, ça fait du bien, je me répète.. que veux-tu c'est à force de tourner en rond en ma pensée secrète.


Thierry Benquey 14/08/2010 12:20


Je n'ai jamais mis les pieds en Afrique, je voulais le faire avec mon père, aller voir la tombe du sien, quelque part dans la vastitude algérienne... Il est mort le 06 de ce moi ou bien était-ce de
ce lui ?
Je n'irais donc pas voir l'Afrique, enfin pas avec lui et pas en Algérie.
Tiens au fait ! Je t'aime aussi.
Sourire et amitié.
Thierry


stipe 03/08/2010 10:48


tu sais comme je t'aime, toi ?


librairielesinsolites.tanger 03/08/2010 10:35


un mardi matin, en train d'écouter les roulis incessants de la machine à laver tout en prenant mon petit déj. (ambiance fort peu romantique au demeurant), je me suis surprise à l'émotion & au
sourire en lisant ce texte... Que de réminiscences, l'envie tenaillante d'en lire plus. Et que dire du reste? T'avoir vue, même si peu de temps, dans notre petit bistrot préféré, à papoter comme
deux adolescentes, ce fut bon, j'en suis encore toute retournée. RV début octobre, de Tanger la Blanche, je reviens. Je t'embrasse de tous mes bras...S.


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