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9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 18:01

 

 

 

 

 

 

Il y avait un plateau de café ceint d’une rose

des insectes plein la vigne

et une chauve-souris pépère dans le rideau :

on pouvait croire à une tache incendiaire, un sale coup de la mite

Or c’était bien une roussette qui, des lustres après, s’ébroua

tournevola dans la chambre solognote

Ou sa sœur ou le zouave ?

C’était un matin d’été

Rien d’autre ne se mouvait

que les doigts de pieds

le regard sur la bête innommée

jusqu’au plateau apporté sentant la rose et le café

l’oreille bourdonnée, le geste adroit

au serveur jardinier

pour le débarrasser de son jus et du reste

lui demander illico fissa presto :

quelles nouvelles, aujourd’hui,

fera-t-il orage ou frais d’ouest gentil ?

Ah ! répondait-il et, encore, ah !

Car aucun journal et encore moins de radio ne parvenaient

à cet antre gazouilleux où seul l’édredon rouge foulé rouspétait

Il y avait beaux l’étang asséché de l’été, les hirondelles passagères

le corniaud de héron, les brèmes éventrées

la roussette tapie comme un point noir au rideau cramoisi

des raisins crevés sous le bec des mésanges

Au-dessus du lit, des deux chaises, de la table, les pales emportaient

en gigue folle les élytres des bienheureux

Le siphon du lavabo s’en souvient

sa bonde calcaire dégorge leurs mains.

 

 

 

 

 

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Published by emmanuelle grangé - dans sans
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commentaires

anatole2011.over-blog.com 12/10/2011 15:00


je prends mon temps je lis une première fois impressions je pose reviens plus tard direction le texte
un sentiment domine celui d'une liberté ancrée dans le jour et ses repères je n'imagine plus je vois


Dom 12/10/2011 10:23


En passage discret mais toujours attentionné,
je parcours tes mots...
Toujours avec plaisir,
Tendresse Amie


Seb (Skarod sur Myspace) 11/10/2011 13:02


...sauf la chauve-souris...:)


hervé pizon 10/10/2011 22:44


ah ! te re-voilà en blog ! et sans extrait, et toujours précieuse.


le babel 09/10/2011 18:50


Combien le parfait donne-t-il de sépia à ce qui pourrait ne dater que la saison dernière… quelle musicalité vers la fin lorsqu'on jurerait y lire ce tumulte vespéral que les citadins nomment "le
silence de la campagne".


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