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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 14:45

 

 

 

 

J’ai soufflé sur la lune, c’est dire le froid qui enveloppait la terre lointaine, j’ai soufflé sur mes doigts rouges, blancs sont-ils devenus, jus de navet, mon sang n’a fait qu’un tour.

J’étais en pleine révolution dans la lune, c’est dire que ça planait rond, ma rousse barge infatigable me débarqua au-dessus de cratères fumeux, nous manquâmes de peu nous brûler les plumes, et jacta à l’envi « à la revoyure, au printemps ! » tant et si bien qu’Echo, réveillée, me cancana derechef son malheur.

J’eus tôt fait de clouer le bec à cette nymphe, d’autres nouvelles d’Orient et d’agoras urgentes roulaient sur les pentes chauffées à blanc, ce n’est pas dire comment je vidais l’hélium de mon ballon pour atterrir Gros-Jean comme devant sur la croûte rugueuse, il reste, néanmoins, dans ma bouteille, quelques bulles éthérées, je les garde pour la soif, et les délices d’un jardin, ce matin-là, givré.

Gourds mes doigts, palpitant les flux et reflux sur l’estran, aperçu un vol d’échassiers dans le ciel, un tourbillon d’ailes, de points noirs ; j’enterre, pour l’hiver à venir, dans le sable, à la lune montante, mes pots de jasmin, une attention que personne ne contredira.

 

 

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 16:40

 

 

Les premières vacances scolaires ont lieu grâce à la récolte des pommes de terre, qu’on soit de la ville ou du champ.

Les Salzkartoffeln sont des pommes de terre sommaires, bouillies dans de l’eau salée, néanmoins enrobées, en fin de cuisson, d’une subtile couche presque craquante tirant sur le jaune poussin. Le nec plus ultra déboule lorsqu’elles entourent la truite au bleu du printemps, bestiole pêchée par le père, finement surveillée dans le court-bouillon par la mère, et que le beurre frais se répand, abandonné sur la faune et la flore. 

A l’Est et à l’Ouest, les déjà mêmes gelées et façades d’immeuble trouées, les mêmes Bockwurst ou Bratwurst autour des patates, les barbelés. Les mouettes frôlent la Spree, on déclare indésirable Biermann, la Hagen ne s’appelle pas encore Nina, les croix. La petite s’emmêle les pinceaux dans la langue franco-deutsch, on l’emmène voir Nefertiti au musée de Dahlem, son œil. Parfois, on traverse le cimetière de la Müllerstrasse pour aller donner à manger aux sangliers qui puent et aux faisans dans les volières, des glands. D’un coup et jusqu’à la fin de l’hiver, on baisse les volets à 17h, on aplatit dans un dico les feuilles mortes glanées, le mur. La petite attend son amie qui lui parlera d’Ulrike Meinhof, ça sent la buée salée des pommes de terre dans la cuisine, les parents sont partis à un raout diplomatique à l’Est, soupir. Demain, il fera jour un peu plus tard, elle se couchera comme elle fera son lit, purée.

 

 

 

   

 

 

 

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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 14:55

Oh ! Quelle grivèlerie ! Vous étiez parti, moi à vos talons que j'ai plus pointus que vous, et sur les pavés c'est une gageure. L'estomac là où je viens de dire malgré le foie qui de canard avait perdu son panache et le rosé du Sancerre qui de sa perle avait tourné vinaigre. Nous avions attendu la suite de coquilles saint-jacques sur lit de topinambour, je me faisais une joie d'aïeule de découvrir ce légume sans doute mouliné et blanchâtre, pendant plus d'une heure, vous geliez dans cette cave, je pensais à un waterzooï brûlant, nos doigts se mêlaient de fou-rire. Le service lambinait, affichait la désinvolture moderne néophyte. Je remarquais le top ajusté sur le dos voûté de la serveuse, une araignée blanche sur lurex et l'empressement de la préposée à remplir nos verres. Combien sont importants les détails !

Nous en étions là, l'addition dans vos doigts flottant dehors à la bise précoce, la journée ensoleillée avait pourtant chauffé nos joues et notre nez lorgnant le faîte des briques rouges, nous marchions, mes bottines esquivant enfin adroites à cette heure noire de ciel éclairé de réverbères restaurés les embûches des joints de ce sol du Nord, vos chaussures poussiéreuses, lorsque la jeune serveuse nous arrêta. Nous avions pris la porte sans délester le portefeuille, superbes, main dans la main, l'autre tenait le bout de feuille chiffrée, la quatrième dans la poche, ne trouvant pas le patron sans doute affairé à l'étage.

J'ai devancé le balbutiement de la jeune femme, j'ai réclamé le cerbère qui prudemment à moitié caché derrière un pan du beffroi exhortait son auxiliaire à affronter les sauve-qui-peut que nous étions devenus. Trois mots soufflets fort courtois de vous somme toute en deux billets pour la belle blême.

Nous avions ensuite croqué les frites sous le Carlton en réfection.

Quels temps !

Par soleil le lendemain nous avions bu un café en terrasse. J'avais toujours ce désir des plages d'Ostende, nos hanches l'approuvaient, semblait-il.

Un jour, je retrouverai, forte de mon horizon sans chicane, ces sols-là pied nu.

 

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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 10:26

Il arrive que la pluie dégouline des baleines fracturées par le vent dans les yeux aux cils clairsemés.

Elle se défendait toujours des tours que lui jouaient les pages d'un livre ou les mots lancés de l'autre sur la route serpentine, elle posait des cabanes d'osier sur les plages du Nord et, sur ses jambes, les plaids de la Montagne Magique, mais, là encore, le sable venait se frotter aux paupières jusqu'à les faire goutter jusqu'à débobiner la laine de ses chaussettes. Les bottes devenaient paquebot, et seul Jonas pouvait emporter celle qu'on nommait sans pavane l'Ethérée.

Si on chausse les lunettes idoines, on peut encore l'apercevoir sous un angle bien précis crawlant de tout son duvet hérissé, d'Akureyri à Knysna, de long en large, sur son dos la main bienveillante du Maudit.

 

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9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 18:01

 

 

 

 

 

 

Il y avait un plateau de café ceint d’une rose

des insectes plein la vigne

et une chauve-souris pépère dans le rideau :

on pouvait croire à une tache incendiaire, un sale coup de la mite

Or c’était bien une roussette qui, des lustres après, s’ébroua

tournevola dans la chambre solognote

Ou sa sœur ou le zouave ?

C’était un matin d’été

Rien d’autre ne se mouvait

que les doigts de pieds

le regard sur la bête innommée

jusqu’au plateau apporté sentant la rose et le café

l’oreille bourdonnée, le geste adroit

au serveur jardinier

pour le débarrasser de son jus et du reste

lui demander illico fissa presto :

quelles nouvelles, aujourd’hui,

fera-t-il orage ou frais d’ouest gentil ?

Ah ! répondait-il et, encore, ah !

Car aucun journal et encore moins de radio ne parvenaient

à cet antre gazouilleux où seul l’édredon rouge foulé rouspétait

Il y avait beaux l’étang asséché de l’été, les hirondelles passagères

le corniaud de héron, les brèmes éventrées

la roussette tapie comme un point noir au rideau cramoisi

des raisins crevés sous le bec des mésanges

Au-dessus du lit, des deux chaises, de la table, les pales emportaient

en gigue folle les élytres des bienheureux

Le siphon du lavabo s’en souvient

sa bonde calcaire dégorge leurs mains.

 

 

 

 

 

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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 23:42

L'humidité, j'en étais là, en ce presque septembre où nos pas incertains mais à quatre jambes élident le donjon de Charles V, nous revivons dans ces trente degrés les trois reines de Chenonceau visitées, allées remplies d'ombrelles asiatiques, plus tard il fit orage et la vigne alors encore vivante de votre maison précipita la chauve-souris à l'intérieur de la chambre, j'eus peur, vous plissez les yeux et fendez large votre bouche à ce souvenir.
Il est temps de vous retrouver, une saison à suspendre au cliquètement des bouleaux, vous connaissez ma prédilection radoteuse pour ces feuilles-là qui perdraient de leur astringence à nous laisser errer mains dans le vide.
Cet après-midi, nous sommes lentement arrivés, dérivant de cottage en cottage, café à l'ombre, eau chauffante à tous les pots d'échappement, auvent découvrant les pieds nus. Nous avons pénétré les jardins reconnus, il nous fut donné d'évidence de l'eau thermale en même temps qu'un numéro 10, à peine avons-nous entendu la tondeuse à gazon, les rideaux ne bougeaient qu'à notre souffle si chamarrés étaient-ils.

 

 

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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 01:28

 

 

 

 

La consolation, si elle existe, est un éparpillement de compensations, et il en faut toujours plus pour taire ses jérémiades. Je me rappelle ce prix d'excellence que je ne reçus jamais car on avait tout bonnement oublié ma classe, je me rappelle ce livre de remplacement -mais plus son titre- qu'on alla chercher fissa dans la bibliothèque et auquel il manquait le papier à entête du lycée, la signature du proviseur, mon nom et la mention d'excellence. Je jetai aussitôt ce prix de consolation dans la benne du préau et partis nager en piscine. Les enfants sont inconsolables et grandissent comme des asperges. On ne les croirait pas ainsi : je me rappelle la petite fille à qui on apprit la mort de son grand-père, qui en pleura très douloureuse dix minutes, puis repartit jouer avec sa poupée. Je me rappelle l'enfant du Rwanda qui n'avait pas de poupée, mais les bras de sa mère pour ne plus voir le massacre. Les asperges sont graves, blêmes et terreuses.

Comment consoler F. qui crie dans la nuit la perte de son aimée ? F. est un homme vieillissant, il a gravé son nom, sa date de naissance et presque celle de sa mort sur une épaisse rondelle de bois qui devra accompagner celle de son épouse au cimetière : *1914 +198... Ses proches sont sidérés en dénichant dans l'armoire cette plaque à compléter. F. est certain de partir dans les mois qui suivent la mort de sa femme, 1985. F. s'est éteint dans le service des soins palliatifs en 2007.

Mon ami L. a rencontré M. lors d'un raout dans le quartier de Recouvrance; il retrouve une espèce de confiance en lui, il prépare pour M. des superbes araignées de mer deux jours après. M. sort de chez lui le lendemain après-midi, le grand frais d'Ouest a cessé, l'océan affiche presque 19°. Pourtant, L. m'a écrit dernièrement : j'ai rompu avec M., je suis trop abîmé, tout ce que j'avais de précieux est resté à Palerme.

Le visage des inconsolables raconte objectivement les instants : il parle de pisse dans les latrines communes, de typhus, de barbelés, de ventres gros, de valises, de survie extraordinaire, de simple survie, de la fleur du frangipanier, de la canopée asphyxiée, de l'absence, du silence, du bleu murex, du bleu de la porte, de snipers, des dessins d'enfants de Terezin avec plein de soleils, de l'incompréhension du départ, des baisers, parfois d'un oranger irlandais, de murs, de la résidence privilégiée, de racines -mais, à ce propos, je dis, seules celles des pissenlits-, du plastique dans la mer, des marins de Rochefort émigrés à Cherbourg, …

Ils ont un parlage singulier et, avant les points de suspension ou après le point final, l'oeil embué.

Ma voisine ukrainienne m'apporte du chou rouge, des patates rouges, de la harissa, c'est contre le cancer, c'est bon, prends. Elle accepte le verre de bon Bordeaux, tu penses bien, elle m'apporte un bol de bon bortsch couleur rouille, elle aurait besoin de laisser ses bagages chez moi avant de prendre son train. Elle raconte la grande villa des riches, là-bas, enceinte d'un mur de marbre haut de 6m, la villa qu'on ne voit pas, mais dont on se doute, et puis de Tchernobyl. On disait si tu habites à plus de 30km de Tchernobyl, pas de problème, elle ne les a pas crus, elle s'est tirée à Paris il y a 20 ans, ses fils ont 22 et 25 ans, l'aîné a ouvert un garage de dépannage, en région parisienne, ça fonctionne bien, elle travaille comme gouvernante dans une boîte de produits de beauté. Avant de poser ses sacs chez moi, elle bourre mon frigo de légumes rouges, c'est contre le cancer, je réponds, ah oui, des antioxydants... et j'allume une cigarette. Elle a la racine des cheveux blanche, des mèches auburn et violettes, des mollets ronds bronzés, elle parle très bien français avec un accent de consolation.

Il est fort possible que les survivants soient des inconsolables.

 

 

 

 

 

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1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 09:31

 

 

 

 

 

 

Parfois, on dilue avec des on sourdingues, du coton dans les oreilles, c’est l’hérésie des otites, on fait des choses, du son en déplaçant les meubles, on dilue avec des ça, ça fait une journée, on compulse les nues et souffle sur la fleur étoilée du pissenlit, ça écarte les nuages, on dit il fait soleil, c’est pas trop tôt, on enlève une couche du poil, on en rajoute une cuillerée sur le torse -on a failli dire sur le torse bombé-, on prépare sa valise, on y met les tropéziennes dans leur sac en peau de chamois car on boudera le trekking en Argentine vu ce qui s’est dit à la radio, parfois on fait ça, on dilue, ça fait presque du temps à venir à passer, on soupire des ah, on se souvient même si c’est vague par là où ça passe ça fait du bien, parfois, on dit souvent ça, on rate une marche pour mieux s’agripper aux branches, on n’oublie pas comme l’année dernière de fourrer le K-way roulé dans le trou du bagage à côté des chaussettes, il pleut parfois. On peut remplacer les on par certains, d’aucuns, on y met du présent, on a parfois un sentiment d’éternité, un sourire souvent, une larme écrasée sur la joue car la valise descendue de l’armoire a dégagé un peu de poussière dans l’œil.

 

 

 

 

 

 

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12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 14:40

 

 

 

 

 

La maison n’est pas à vendre

 

 

 

 

 

Ne dit-on pas que la pluie cette année encore n’y pourra rien ?

 

Les nappes phréatiques glouglouteront à peine, le rare foin nouveau pourrira, les cheveux de Sophie ne boucleront pas plus, les containers plastoc de la commune mortelle se répandront sur le chiendent.

 

Au pied des Cévennes, entre le lit et la cuisine, un filet qui jure sur l’ocre passée des tomettes, la femme de Barbe-Bleue a beau frotter, ce rouge sang réapparaît. Soupirer et faire avec cette nouvelle veinule, peut-être étêter le micocoulier qui obstrue la vue sur les mines obsolètes.

 

En tout cas, dire aux gamins que maison de feu grand-mère vous verrez encore

 

chercher le pain à Cendras, à pied, une, deux, « en casquette à bouton doré… », ça use, ça use !

 

voir les guêpes se noyer dans le cul sucré de la bouteille, voir si un beau matin l’élytre éclot

 

s’ennuyer à fendre la pierre du maigre torrent

 

voir les conserves de champignons et de châtaignes pleines de poussière à côté du cubi de rosé de l’année dernière

 

hurler, mais de loin, contre les sangliers qui ont trouvé la faille de la barrière

 

tomber sur une croix de camisard dans le dernier tiroir du meuble à outils dans la soupente alors que je cherchais un tournevis pour décapsuler le pot de Bondex

 

retrouver  les enfants au torrent et les aider à rapporter les cailloux :

- tu vas voir, Manou, on va faire une chouette cabane avec les pierres et les bambous, tu voudras bien qu’on y dorme ?

- et les sangliers ?

- ah, oui… tu viendras dormir avec nous

 

ne savoir que faire du citronnier déplumé sous la véranda

 

au soir transformer la sueur en averse qui ne parviendra pas à renflouer la peau de chagrin ni celle de l’abricotier, ouvrir la fenêtre de la chambre des enfants endormis maintenant que la lumière électrique est éteinte et qu’une étoile de plus troue les Cévennes. 

 

 

 

 

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Published by emmanuelle grangé - dans histoire de famille
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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 10:38

 

 

 

 

Rugbyman

 

 

 

Quelque chose de lui me hante : ses cuisses, là encore de visu sur une photo envoyée de Shanghai. 

Ses propos m’avaient d’abord enchanté la tête. Ensuite, encore. Il marchait en crabe, sans doute avait-il besoin de me voir tout en parlant. Il pleuvait, les parapluies se heurtaient. Nous descendions les pentes glissantes du parc, les monter lui était aisé, il ajustait son pas au mien.

Dans l’angle bas à gauche, le début de la baie, je me demande de quel étage il appuie sur le déclencheur, sans doute à cause du vertige. Sinon aurais-je regardé le ciel ? Il est toujours possible de voir une photo de son point de vue.  Comme les mots qui deviennent écriture. Quelques cargos et du brouillard. Puis la vitre verte sur laquelle il a collé en riant un magazine. J’essaye de déchiffrer, je panote, j’essaye, je panote, il faudra revenir comme pour les mots, je me prépare un café, je m’attarde sur l’orchidée d’Otto Alexis D. avant de revenir            les gens ont remis des manches longues          je les verrai mieux lors de ma prochaine pause, ils attendront l’ouverture du Franprix, en gilet, en veste          France a quand même sorti les tables du Bijou Bar           en me penchant à la fenêtre avant de revenir. Il va pleuvoir ou s’alourdir ou refaire orage.

Le point sur la vitre, le magazine est épais, vole au vent, flou : - Devine ! -Tu exagères ! Je croyais que la climatisation ordonnait la fermeture des fenêtres comme elle octroyait au client le Wi-Fi voire un micro même avec certaines touches effacées et sans accents, je me rappelle les excuses d’un ami canadien parti en Afrique, j’ai enfin deniche un ordinateur, fiche ma carte memoire, j’ai clanche pour t’envoyer ce premier cliche d’un flamboyant. Je t’espere en droite et derniere relecture, sans accent comme tu vois mais avec coeur, etc., et ses photos récentes du dispensaire au Moyen Juba. Il a dû faire soleil au moment du déclic, c’est en y retournant que j’observe ce qui avait échappé à mon premier coup d’œil hâtif, l’ombre de ses cuisses sur le vert de la baie de Shanghai. J’étais allée droit au titre du magazine, lequel titre je n’ai toujours pas compris, j’avais entendu son rire, j’aurais pu passer outre l’essentiel formidable de son anatomie si je n’avais pris le temps de voir entrer ce matin les premières personnes sous leur parapluie à Franprix.

 

 

 

 

  

 

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Published by emmanuelle grangé - dans portrait
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