Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
29 avril 2016 5 29 /04 /avril /2016 18:57

Aujourd’hui elle a trouvé tous les prétextes, les bons, pour ne pas

travailler :

 

Il faisait soleil, les pivoines en vase au séjour dans la fraîcheur de la

nuit avaient resserré leurs pétales, les deux frangipaniers au bureau

continuaient de déployer leurs nouvelles feuilles, les euphorbes milii

rougeoyaient, à cette heure-ci, près de la fenêtre les orchidées

exhalaient cette gracile senteur vanillée poivrée rosée, ce presque

rien, le lilas en terrasse embaumait, le vieil hortensia bichonné enfin

refleurirait cette année – elle voyait les corymbes blanchâtres dans

leur couronne verte –, la mélisse ronde joufflue se plaisait au pied du

rosier, elle taillera plus tard dans la livèche pour assaisonner des

pâtes, des légumes, que sais-je…

 

 

Il faisait temps de lire l’ami canadien qui écrivait l’âme, sa douce, ses

bras tapant la balle contre le mur, ses jambes à vélo là-bas – c’est là

qu’elle a trouvé le bon prétexte, sans lui elle n’aurait eu l’alibi.

 

Et puis, il faisait plus doux, les nouvelles arrivaient consternantes,

révoltantes, parfois réjouissantes, espérantes, mais surtout, par-

dessus tout, elle avait évoqué qu’il faisait doux. La preuve, à 17

heures, elle pouvait jurer, sur la tête des trois sœurs, que les

bourgeons du rhododendron avaient enflé d’aise depuis ce matin.

 

En son bureau elle a gardé basculée, ouverte la fenêtre sans doute

jusqu’à la nuit. Comme ça. Ce temps fessu des nuages blancs

accroche-cœur.

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by emmanuelle grangé
commenter cet article
16 avril 2016 6 16 /04 /avril /2016 13:59

 

 

 

 

 

 

 

 

              D’un coup, dans le séchoir à tabac, l’antre des chats,

Marie-Françoise me parle des morilles, de leur saison bien avant

celle des autres champignons. Là maintenant, en avril, mais pas

n’importe où.

 

 

           Le plus simple est de suivre, mine de rien, en sifflotant, le

père Jean-Jacques, en te postant devant la mairie comme si tu te

connectais au wifi. Et t’attends. Et tu vois effectivement le grand

échalas botté descendre la route, tu noues ton écharpe, les pognes

dans les poches, il fait frisquet, tu le suis ni vu ni connu.

 

C’est un paysage givré, c’est un matin brumeux où le ciel arrose de

blanc les pissenlits duveteux, les fleurs blanches des pruniers, l’herbe

verte et la route grise. C’est un jour où tu recevras des invités où hop

hop tu parsèmeras les morilles sur le plat mijoté un tantinet après

l’angélus du soir. C’est la chasse à la morille.

 

Tu files le père Jean-Jacques son panier de commère à la main.

Vous vous enfoncez dans les alignements de pruniers, le sol mou, le

soleil espéré, la bruinasse. Là où les gitans ont allumé un feu l’été

dernier, pépère fouine et met dans son panier. Il brouillasse toujours,

t’as les pieds trempés, t’as pas les bonnes godasses. T’as un pochon

plastique au cas où tu pourrais améliorer le plat mijoté. Mais après le

passage fantomal de Jacquot,  t’as beau t’accroupir, frotter tes

lunettes, tu ne distingues pas la moindre mousse qui aurait pu couver

un champignon.

 

Tu le files, qui opère de nouveau, cette fois-ci sur le parking de

l’Intermarché avant l’ouverture des portes,  sous l’abri des chariots

enchaînés.

 

Tu t’en retournes chez Marie-Françoise. Elle t’offre un café brûlant

sous la glycine en chatons, au pied de la lunaire mauve, elle dit, la

morille prospère sous le sabot de l’homme, déchausse-toi, c’est par

les pieds qu’on prend le mal.

 

 

 

 

Repost 0
Published by emmanuelle grangé
commenter cet article
26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 12:01

 

 

 

 

La dame tirait son épingle du canevas après tant d’années d’yeux à

l’ouvrage chaussés de besicles, points de croix, points de nœud,

points de diable et plus, des très raffinés, de toutes les couleurs, que

sais-je. Puisque la table, après le lit, les deux chaises, se vêtait enfin

de lin ajouré, ourlé, gris-blanc affriolant, la fenêtre basculée y

projetait les miettes de la rue, chiures de pigeons, plumes de

pigeons, piaillements des oiseaux, particules grasses grises noires,

quelques klaxons impatients, le bleu d’une ambulance, le jaune de

l’euphorbe, son éternuement, je proposais un double vitrage, une

VMC discrète efficace, aujourd’hui, c’est possible, c’est abordable, je

bredouillais.

 

Jeune homme, jeune fille, je ne sais plus, chevrotait la dame,

emmenez-moi chez le coiffeur pour dames, là où jusqu’à la corde on

lime la corne, là où la teinture noire vire au bleu, vous savez, allons,

allons !

 

La dame reposait sur la chaise : de la fenêtre bouclée, une rengaine

pourtant lui parvenait, fragrance de véronique, de myosotis, de

muscari, elle ne savait la chantonner, j’en connaissais un rayon, lui

proposais mon herbier, nenni, assez fière, très droite, elle répondait,

hélas plutôt un remugle, essayons d’en avoir le cœur net, débridez la

fenêtre, voulez-vous, allons, allons.

 

Alors le lin frisait, le lit ahanait de goûts, je pansais le pouce rose

bosselé de la brodeuse, nos cheveux s’envolaient au courant d’air, la

graisse de la ville s’en mêlait, les klaxons, les oiseaux, alors la dame

inspirait profond et racontait la maladie des couturières, les mains,

les yeux fichus, mais quand même l’odeur subtile du fil de coton, de

soie, le rêche, le perlé, le rouge, à peine de rouge, le petit bruit de

l’aiguille qui troue la toile, imaginez, imaginez, enjoignait-elle pendant

que ses cheveux noir-bleu coudoyaient ses yeux qu’elle avait noirs ou

gris, presque verts, voyez-vous, je pensais qu’elle battait la breloque,

non, la dame fredonnait l’ourlet, son bâti de fil blanc, la poussière de

la craie sur le tissu, celle qui faisait éternuer et larmoyer lorsque,

enfant, sous la grande table, elle épinglait, habillait sa poupée de

chutes de tissu, au milieu des jambes gainées de bas des brodeuses,

des cousettes, des souliers cirés. Le beffroi entrait à toute volée

dans l’atelier, on sonnait la pause, on trinquait d’un galopin de Jenlain,

on écalait les œufs durs, assises en amazone sur le rebord des

fenêtres.

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by emmanuelle grangé
commenter cet article
20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 18:01

Les Estivants, Gorki, mise en scène de Peter Stein

 

 

 

 

Bientôt des feuillettes au bouleau

qui cliquettent

Il fait toujours frais

au tronc blanc

Tiens voici une girafe

voici un zèbre

un loup de la steppe 

trompés par les feuillettes

qui cliquettent

vert argent

vive mémoire de l’eau du ciel eau

au tronc gracile

Tiens, voici un léopard !

Le bouleau là-bas trompe

au ciel blanc argent vert troué

Je t’en fous des couleurs

sauf celles des mains de grand-père

qui râpe le radis noir

sur le pain chaud

qui affolent les feuillettes du bouleau

veinulées disertes aigrelettes

qui sème le gros sel

chatoie le palais

l’agace

grand-père, grand-père chéri !

C’est le printemps cliquettent les feuillettes

– merci bougresses

hélas je n’entends pas le russe

dit la petite-fille.

 

 

 

Repost 0
Published by emmanuelle grangé
commenter cet article
18 mars 2016 5 18 /03 /mars /2016 17:36

Gilles Aillaud

 

 

Là tu risques de t’embrouiller dans les genres ou de radoter avec le genre neutre allemand… Tant pis.

L’enfant est gentille.

L’enfant dans les bras de sa maman tend le doigt vers l’objet qui t’a annoncée, une sonnette, un écouteur.

L’enfant t’examine. Les cheveux de l’enfant ont poussé dans la nuque.

L’enfant ne te quitte pas du regard, elle t’emmène dans sa chambre, elle veut bien, tu lui as demandé, vous vous prenez la main, tu te déchausses sur le seuil. Elle enlève ses chaussons. On fait pareil. C’est plus tard que tu embrasses ses petons. Après avoir assis dans le fauteuil rose la panthère, la poupée chiffon, après qu’elle a fait chanter les livres de comptines, qu’elle a chipé l’écharpe de papa qui sèche près du radiateur – elle a noué l’écharpe autour de son cou comme papa le fait. Elle aime quand tu embrasses à la folie ses pieds, tu aimes à la folie. Tu vois la petite tant si bien aimée. Vous tournez les pages d’un livre animalier très compliqué aux dessins très primaires, la vache est une charolaise, l’insecte est un doryphore, le serpent un anaconda, l’enfant s’assied dessus, elle a raison. Le chat se pelotonne sur tes cuisses, tu peux encore sentir les petits pieds sous tes lèvres, tu sens encore la petite bouche sur ta joue.

Nous sommes des gentils, nous sommes tant aimés.

Bientôt tu offriras un livre de Gilles Aillaud à l’enfant Ava.

 

Repost 0
Published by emmanuelle grangé
commenter cet article
11 mars 2016 5 11 /03 /mars /2016 16:19

 

 

 

 

…parce que nous étions nombreux au Père Lachaise, puis boulevard de Chanzy à Montreuil.

Le mort a la langue bien pendue et de grandes oreilles, à n’en pas douter.

Les morts sont toujours beaux, encore plus beaux qu’en vie. Le cheveu alerte, les muscles bandés.

Il n’y a aucun regret sauf la partance trop rapide, toujours trop rapide. La conversation interrompue.

Le mort a vu les proches, la famille pendant qu’il était vivant, juste avant son entrée en soins palliatifs, et encore pendant.

On ne sait jamais la béance créée par le mort, je, tu, nous la savons au fur et à mesure. Nous allons faire avec, marcher avec, allumer une étoile. C’est une affaire personnelle qu’on ne peut qu’entrevoir.

Ses enfants, ses petits-enfants, son épousée, son frère, ses sœurs, ses nièces, ses amis, *

boulevard de Chanzy, on met tous les pieds dans le même plat, nous causons, nous découvrons, nous allons en griller une à la fenêtre ouverte, nous remplissons nos verres, nous grapillons des olives, de la pasta, de la mortadelle, du fromage, des cornes de gazelle, on a le temps d’effleurer, d’apercevoir le voile regret dans l’œil du voisin… Nous rions beaucoup, nous avons la langue vive, qu’importe le flacon… Nous avons beaucoup d’indulgence et de compassion pour ceux qui la ramènent, nous veillons un mort. Nous déglutissons, nous avalons à peine, nous avons une angine douloureuse. On n’explique rien. On est là au chaud entre nous, on jacasse, on s’embrasse, boulevard de Chanzy. Merci.

Je me dis, il faut beaucoup de forces avant, pendant, ensuite, je sais de quoi je dis.

 

 

* Muriel, Cendrine, Olivier, Séverine et Elsa, à Sylvie, à Manu, Camille, Isa, aux petits, à Catherine, à Étienne, Thierry, …

  

 

 

 

 

Repost 0
Published by emmanuelle grangé
commenter cet article
6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 12:53

 

 

 

 

Alors il trie. Il dit, je traîne. Des trucs et des trucs qu’il place dans des boîtes ou jette à la poubelle (rarement). Des bouts de ceci qu’il détournera. Des bidules de plus en plus rares, il dit. Comme l’étain autour du goulot de bouteilles, ça c’est du vrai, ça, tu vois, c’est du plastoc. Ensuite les boîtes dans des tiroirs dans des glissières dans un meuble de bureau dans des armoires derrière le frigo où il y a plein d’étagères, le frigo qu’il a mis sur roulettes pour facilement le déplacer, les étagères qu’il oublie.

Il doit penser ou apprendre un texte pendant ceci, sans doute. Il occupe ses mains, il est courbé, il aura mal au dos. Il est dans le soleil, assis à la table du séjour. Parfois il grommelle, soupire. Il écoute Bashung, toujours le même disque, C’est un grand terrain de nulle part/Avec de belles poignées d’argent…

L’acteur pense à sa fille qui a quarante-trois ans aujourd’hui, à son ami qui est mort hier. Ça fait beaucoup de boîtes, il aimerait un atelier à lui où il pourrait taper, usiner, buriner, peaufiner, gueuler, il n’y dormirait pas, il préfère  le souffle des vivants dans les chambres d’à côté. Il a les deux pieds dans l’humus, dans le Monde, les cheveux diaphanes au soleil d’hiver du séjour.

 

 

 

 

Repost 0
Published by emmanuelle grangé
commenter cet article
2 mars 2016 3 02 /03 /mars /2016 19:09

 

 

 

 

Dans les escaliers elle pleure

c’est une petite chatonne

dans la lumière de la cuisine

ses yeux ont l’éclat de ses cheveux blond-flamme

ses cheveux sont comme les tiens

avant

longs emmêlés

elle a des joues larmes soupirs regrets

on aurait voulu encore dire deux trois choses

comme ça

à celui qui s’en va

tu comprends

oui

passer encore dans sa maison

l’embrasser

dire ça va ça va et toi ça va

sur les deux joues

rejoindre la femme qui fait du bien à la chatonne

elles lisent ensemble

elle dit tu entends

la petite fait oui j’entends

dans le salon mauve

ou dans le bureau

dans le jardin il y a un curieux bungalow

c’est là qu’il écrivait celui qui s’en va

il y a une maison ailleurs là-bas où il s’en va

ça fait pleurer la petite

et son cœur gros tordu comme ça

il neige dit la chatonne

mais ça ne tient pas à Paris.

 

 

 

 

Repost 0
Published by emmanuelle grangé
commenter cet article
21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 13:03

 

 

 

 

 

 

Les citations m’ennuient, elles sont toujours dans le cadre, pire, au milieu du cadre.

Je prétends que la plus belle phrase de la littérature est celle de Karen Blixen, J’avais une ferme en Afrique. Ça le fait sourire.

Comme N, j’aime les mots de Julien Gracq, que je ne connais pas, je les recopie, j’ouvre les dictionnaires.

Dès que j’écoute Barbara, je fredonne avec elle, je sais les paroles par cœur. Je l’écoute rarement aujourd’hui. Je sais par cœur les livrets des opéras de Verdi.

Apprendre par cœur appelle le temps, l’abandon, la solitude, la revenance, pas uniquement la mémoire. T recopie ses textes sur un carnet à la dimension de sa poche plastron, il voyage avec les pages sur son palpitant.

La petite L dit le poème d’Éluard parce que, si petite soit-elle, elle entend J’écris ton nom, les petites n’ânonnent jamais, plus tard elles ont l’oreille relative pour Baudelaire, Anselm Kiefer, par exemple.

Je lis Gatsby le Magnifique à E, des nuages inquiets dans les yeux de l’enfant. Tu m’arrêtes quand tu ne comprends pas. Oui oui.

Un soir le téléphone, je réponds. On dîne entre amis de théâtre, on a discuté, on s’est enflammé, on a ri, c’était franchement sympathique. On s’enquiert, avant d’enfiler son manteau, du patronyme de son voisin écrivain : ça, alors ! On m’appelle : sais-tu avec qui j’ai passé la soirée ? Euh, non. Avec Lui ! On veut me passer Lui, je proteste – Lui, je le lis depuis plusieurs mois, admirative, que pourrais-je Lui dire ? Nous parlons de facto, bien obligés ; Il est très aimable, je m’en doutais depuis que je Le lis ; je me découvre diserte.  Quelques jours après, Il m’envoie un dessin à l’encre qu’Il m’a dédicacé. Aucune adresse au dos de l’enveloppe, juste sa signature et un code postal.

Les jardins se taisent, ils sont secrets. Ce matin, en douce, le sophora est jaune, regarde !

 

 

    

 

les mots-pneumatique
Repost 0
Published by emmanuelle grangé
commenter cet article
15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 14:32

 

 

 

 

   Il parle de soubressade parce qu’elle le questionne : et quoi d’autre ? De la tchoutchouka, et puis d’autres choses, d’origine espagnole – je crois, préfère-t-il ajouter – enfin, tu sais bien,  je n’y connais rien.

   Évidemment, je pense à mon père qui radotait à propos de son chèche, de la tarentule qui l’avait piqué, de la tchoutchouka en Tunisie.

   À dix ans, j’avais fait la moitié du tour du monde : Eva Wegner découpait les enveloppes pour moi dans son antre du Bureau allié de circulation, je décollais les timbres de tous pays à la maison. Les parents, le frère et moi partions en vacances en Allemagne de l’Ouest ; nous quittions très tôt Berlin, il nous fallait rouler en vitesse règlementée dans les couloirs est-allemands, aux points de contrôle, le père s’affranchissait du strict minimum en langue russe et de quelques paquets de cigarettes américaines ; il nous est arrivé de nous geler en Forêt Noire, nous l’abandonnions pour le lac de Constance. Le père détestait les villes, nous les contournions.

   La mère nous contait les villes, elle parlait de Samarkand où elle irait un jour, c’est sûr.

   Longtemps j’ai éternué dans la campagne, la mère glissait sous ma nuque des clés froides pour arrêter les saignements de nez, me faisait boire des orangeades glacées. J’en ai gardé le goût des persiennes closes, la détestation de l’herbe coupée, la distance avec le poil du cheval. J’ai toujours préféré la mer, nager, nager ; on s’en fout.

   Longtemps j’ai gardé le chèche couleur sable de mon père, j’ai dû l’enrouler autour de mon cou, et puis, le tissu cuit, il est parti aux oubliettes.

   La mère cuisinait une ratatouille tchoutchouka du temps où le père louait une villa sur la Côte d’Azur, c’est possible… Je me souviens surtout de l’estragon sur le lapin rôti. J’entends la mère récitant Cohen, citant Couve de Murville pour emmerder le père.

   La cuisine et les sourires font bon ménage : quand la mère est partie, le père a ouvert une boîte de raviolis à la tomate qu’il a versés dans l’eau bouillante, quand la mère est revenue, elle a réservé le cœur de laitue pour le père. J’ai appris très vite à éplucher, émincer, écaler, égrainer, mijoter parce que la mère est restée un gros bout de temps là-bas – et nous ici avec notre chagrin gros comme ça –, qu’à part la pasta, Norma n’avait d’autre idée et surtout la maison à entretenir et que j’étais sûre de ne pas être dérangée par le père ou le frère qui vers 21 h osaient « on mange bientôt ? » derrière la porte de la cuisine fermée.

   La soubressade ? Connais pas. Me suis renseignée : une espèce de saucisse à tartiner, un peu comme la Teewurst allemande, sans doute, le piment en plus. Un souvenir d’Algérie qu’il se garde bien de développer, la moutarde me monte facilement au nez.

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by emmanuelle grangé
commenter cet article

Présentation

  • : chantier traverses emmanuelle grangé
  • chantier traverses   emmanuelle grangé
  • Contact

Recherche