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18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 14:07

Elle s’est endormie molle et terrible, le coude enfoncé dans les côtes, les jambes repliées, la joue sur l’épaule dans le fauteuil. Elle a incubé les 12 derniers jours de travail d’un trait, elle a souhaité l’ambre d’un Martini, elle l’a à peine siroté –t’as qu’à croire qu’elle est si forte que ça-, elle a bredouillé à son for qu’il faudrait chauffer la pièce, elle a entendu les corneilles,  puis la nuit est arrivée.


Combien de temps encore à imaginer la brune liesse des écureuils empanachés glanant les miettes du sol ? Vibre le seul bouleau du parc, vire au sec le petit bras de la Sèvre, crève le papillon noir entre le carreau et le rideau rouge, pendouille le drap de bain au clou de la toilette, et j’en passe et des miroitantes œillades…


Viennent ses mains sur la nuque et le goût dans la bouche, les creux chauds, bombent les torses de poils et de peaux, jettent leurs pelures de passants, deviennent un instant.

Au réveil, un point dolent dans la flottante. 

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Published by emmanuelle grangé - dans la nuit
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4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 12:23

1961 – 2009, Berlin

 

Il y a 20 ans tombaient les pierres, naissait ma fille, je ne savais pas, je le jure, je m’y attendais, mais ne le savais pas, je le jure sur la tête de la jeune fille à part entière née de mes entrailles, mais elle avant tout, je le jure, nom de Dieu ! Pourquoi et merci d’avoir été gamine dans cette histoire, berlinoise à tel point qu’aujourd’hui  encore je ne suis jamais à ma place, et là où je me pose, je peux dormir et entendre la chauve-souris qui bat des ailes et me fait peur. Je jure que je pourrais dénicher dans mon sommeil tous les engoulevents, je jure que je ne suis asthmatique que par inconsolation. Je me rappelle les livres achetés à Berlin-Est, la pasta de Norah  tous les jeudis, la lavande anglaise de Samuel, les Dunhill menthol de Jeanne, le caniche des Castletown, les cartes de vœux sur le guéridon bancal, Ionesco me cueillant avant la fin de la représentation boudée, les pieds nus de ma mère, M. Eisenstein devenu M. Rochefer, la neige boueuse à l’arrêt de bus, W. Brandt et J.F. Kennedy , le jazz au Tiergarten avec Carola, mon aînée, qui me racontait Ulrike Meinhof, les révisions du bac et de l’abitur entre deux longueurs de piscine sous l’eau, l’odeur des  pelouses  tondues, le whisky hélas de mon père, les gommes blanches et lisses de la secrétaire, le siège arrière trop profond de l’Opel noire, le couloir de l’Est, les films de Fassbinder à la TV, « Un jour, je serai poète ou reporter et je n’aurai plus besoin de laissez-passer »,  l’odeur des glands dans l’auge des sangliers, les Turcs de la Müllerstrasse, mes patins à glace, les arrosoirs des vieilles dans les cimetières, les pfennig dans le tiroir, le train militaire Berlin-Strasbourg, le casque de cosmonaute de mon frère, le pain dur lancé aux mouettes, l’histoire de Struwwelpeter, le silence de la grande villa, Moses Mendelssohn, les Lumières, les mains lavées, les cheveux peignés avant les repas, les larges avenues, les immeubles dézingués, troués, les groseilles à maquereau acides dans les jardins ouvriers, mes absences, la porte de ma chambre fermée.  Je me rappelle les centimètres gagnés vers le ciel sans barbelés et mon incompréhension, le début de mon hypermétropie et celui de la pensée confuse débroussaillée de jour en jour. Quel boucan, quel boulot, hein !

 

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Published by emmanuelle grangé - dans histoire de famille
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4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 10:35

J’avais un ami, grands yeux, large bouche

Il montait à cheval                  

il participait à des concours hippiques

Parfois sa bombe volait comme la queue de l’animal

Et roulaient dans l’arène

(au diable les sujets !)

Je montais à cru

Je me démis la colonne, grande bourrique que j’étais

Qu’importe

Dès la cloche cajoleuse du lycée

nous tirions des bords sur les lacs

La toile remplaçait le crin

Le sable, la sciure, moult grains de folie drossaient nos fronts

Lorsque les vents se taisaient, nous parcourions le monde,

cul mouillé, mains engelées, cœur muet, mal assis tremblant

Lorsque se turent les vents, nous eûmes 18 ans

chacun un train et pas un mille oublieux de nos yeux vairons.

 

 

 

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23 septembre 2009 3 23 /09 /septembre /2009 00:08
 

Que sont ce tremblement, ce vide sous les semelles ?

Il  s’accroche au coût de la vie, pourtant il sait que de précieux il n’y a que ce qu’il entrevoit, quelques filons de chercheur d’anguille.

S’il range son bureau, écrira-t-il plus soigneusement ? Le gras de l’huile sur la tomate, la cendre de sa cigarette sur le papier dispersée par son souffle, répandue aux pieds de son fauteuil rendraient-ils moins lisibles les mots imprimés ?

Sur mon meuble à glissières, il y a un pique-fleurs en verre rempli de stylos, une grenouille en stuc portant un énième crayon, du courrier administratif, un pèse-lettre en bakélite, des coraux blancs, des fossilisés de toutes mers, des post-it jaunes, un article du Monde daté du 25 août sur Habiba Sarabi , une photo de Beckett goguenard, un rouleau de scotch, des tas de cahiers cornés par le trimballement de mes sacs ici et  là, un noyau d’abricot qui pourrait figurer un œil dans le dernier bois flotté glané cet été, un carnet  offert par Anna coincé entre la lampe et le miroir triptyque rapporté de Strasbourg, une gravure sur bois et le soleil d’aujourd’hui qui balaye mon bras droit, et des dictionnaires, et plein de tiroirs, de la poussière-reliquaire.

A cet endroit, je quitte une de mes babouches. Je deviens sérieuse ! Et tant d’air. Ne m’en veuillez  pas pour ces bribes, grondez, ruminez, oh ! Tempêtez, rugissez ! Il est en moi, las, encore ;  bats les champs de betteraves, et d’un, le ramier en plein vol, conte-moi encore l’œil du chevreuil qui rencontra le tien sur le Hochsitz *, et de deux, cette larme rouquine que tu me léguas ! Paix, mon père, enfin tu prends ma main, et jamais la tienne dans mes cheveux.

 







*
 
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15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 22:08
Une maison de poupéeS, Ibsen

traduction, adaptation, mise en scène : Nils Öhlund
Féodor Atkine : Torvald Helmer
Olivia Brunaux : Nora Helmer
Alexis Danavaras : le docteur Rank
Emmanuelle Grangé : Kristine Linde
Bernard Mazzinghi : Nils Krogstad

Nils Ö. me suggère d'écrire à ma manière quelques billets de nos répétitions, tu penses bien que je dis oui :



1er septembre 2009  

La peau  

Il pleut en sortant du métro. Souvenons-nous de cet août où Feodor plante ses arbres fruitiers et sa charpente, où Olivia rend visite à Homère en Grèce, où Alexis adopte un chat, où Nils ne capte pas de chez sa mère, où Emmanuelle retrouve la Charente, où Bernard reviendra la semaine prochaine... De ces paysages aussi dépendront La Maison. Qu'est-il de plus flagrant qu'un épiderme le jour d'une première répétition ? Le soleil omniprésent de cet été n'a pas main mise sur la peau de l'acteur. Bestiole pensante, le comédien se tient entre l'apprentissage du texte et son interprétation bredouillante, ses idées lumineuses ! Dans cet infime détroit naît la création. Au metteur en scène revient la baguette du regard large; Nils a sa chemise bleue transpirante et l'oeil vigile parlant.

 


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2 septembre 2009  

L'amour et l'argent
l'hérédité et ses qualités
Nora et Kristine
Tor. et Kro.
Ce matin j'ouïe
Je me demande pendant combien de temps
je garderai les pieds nus
Septembre serait une belle saison
pour sécher un herbier
Et toujours revenir à la Norvège d'Ibsen
Le climax !
Je vois l'acteur en équilibre se pencher
Peut-être ne le fera-t-il que là en grâce de répétition,
à l'ombre du laboratoire.

Ce matin, les yeux de Nora étaient humides.
« Je suis heureux » « Moi aussi... C'est fini pour toujours » (Acte I, sc. 1)    

 

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3 septembre 2009  

« Putain de mort et saloperie de douleur » (Nora, acte I, scène 4) Dès cette scène, Nora dit l'inconsolable. Elle a convié son amie d'enfance, un fantôme ?, Kristine, qu'elle ne reconnaît qu'après effusion corps à corps et le docteur Rank mourant. La mort et la re-naissance. Juste un peu plus tard, une scène plus loin, Torvald dira à Kristine : « Venez, madame, à moins d'être une maman, l'endroit va devenir insupportable .» Je pense à la Médée de Pasolini. Je pense à Tchekhov qui disait sa Cerisaie comédie, Ibsen n'en aurait pas moins ainsi qualifié sa Maison de poupée. Parce que la tragédie n'est jamais dramatique.    


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4 septembre 2009

Je t'ai par cœur.

"L'acteur rabat les œillères au milieu du bruit de la brasserie, recopie l'auteur, réplique après réplique. Les mots se chamaillent la place, la portée, l'ordonnance dans le cerveau, se logent impacts dans le cœur. L'homme fronce le nez, les lunettes menacent de tomber, la calligraphie est aussi élégante que sa silhouette penchée à la Giacometti.
Il redevient apprenti, balbutieur, découvreur. Rien n'est jamais acquis...
Il n'y a guère qu'une chanson de Bob Dylan dans les haut-parleurs qui puisse lui faire relever la tête, tourner la cuiller dans le café froid. "Like a rolling stone ..." Les mains dans l'humus des mots, la mémorisation finit par pénétrer le corps.
L'acteur s'absente de longues heures, fourmi souterraine, il peut lui arriver d'oublier dans ces endroits publics de surchauffe un pull-over, un téléphone, un carnet d'adresses, un imperméable, il peut lui arriver de vouloir franchir le tourniquet du métro en oubliant de glisser un ticket, il se fait alors très mal.
(in Fräulein C. roman de E.G.)



 

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7 septembre 2009

 

 

Couleur Isabelle


Lilas en Scène est l’antre de nos répétitions aux Lilas dans le 93. Proche de la fameuse clinique de l’accouchement sans douleur.

Nous changeons de salle aujourd’hui, d’une dénommée « Leila » -de l’arabe nuit-, nous passons à « Isabelle » - Isabelle la Catholique aurait fait le vœu de ne pas changer de chemise avant la fin du siège de Grenade en 1491…-  Le ciel est à l’été.

Nous avons visité les dernières scènes de l’acte I.

Je voudrais ce soir après le travail d’aujourd’hui ne penser qu’à l’espèce de pureté de Nora.

« Mmh » (Torvald, acte I, sc.9), je vais relire mon texte.

 

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14 septembre 2009

On a beau lire, relire, penser, taire, que sais-je, rêver, le monologue de l'acteur chez lui n'arrive pas à la cheville de l'intime lors de la répétition à plusieurs. Quelle est cette chose que j'abandonne dès la porte de chez moi claquée ? Quelle est cette rumination silencieuse dans le bus devant la femme qui in extremis arrivera à hisser la poussette et son enfant dans l'habitacle roulant ? De quel ordre est ce rituel commençant en bas de ma maison à heure presque précise et finissant à la porte de Lilas en Scène ? Bien souvent je vois en premier Alexis là où un pâlot rayon de soleil veut bien encore chauffer les corps endormis. L'automne est-il là ?
Notre tanière est chaude et sans garantie et sans esbroufe, nous travaillons mine de tout; Nils ne perd aucun d'entre nous.





ps : ceux-ci et d'autres et d'autres regards (vidéo si j'ai bien compris...) devraient être publiés sur le blog du théâtre de l'Athénée, Paris, sous peu ou bientôt ou... en 2010 (nous jouerons cette pièce en mai 2010 à l'Athénée, ailleurs à partir de ce 13 octobre).




   








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1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 23:59

La boue recouvrait le sol jusqu’au faîte des arbres. L’âme errait, les

jambes engluées. Les bras moulinaient lourds les nuages.

Je posais ainsi ce paysage d’Afrique. Je voyais très exactement la femme.
Le chien aboyait, maigre clebs de prairie.

La plainte s’élevait : maudit ou maudits.

Le cri incitait les larmes. Sous le grenadier stérile, il se perdait en citations
et tenait à tue-tête la femme suant son velours de raphia, pieds
braves.

Que dépleurait cette bouche ? Des os partis trop tôt, mal incendiés

pour cause de pluies ?

Maldit ou maldits : ainsi gouttaient les mots, et, jaunes de terre,

s’infiltraient-ils dans la mélasse séchée de la savane. J’entendais
très
exactement la femme. Le bas détrempé de sa robe résonnait
des
couches successives, du poids des allaitements. Ombres pointées,
ses
seins. Je commençais à prétendre qu’elle était nourrice; pour preuves,

les colliers fragiles d’éclats de coquille d’oeuf qui cymbalaient à chaque

reprise d’air sur sa poitrine, carmin, le sol mourant.

Le mont Kenya en fond de scène. Le galeux glapissait moins.

Malversées ou déversées, de la nature des larmes.

Maudit le jour où l’ombre de l’homme vint s’insérer dans la fente

du troglodyte

Damnée la bête dévorant l’homme piégé

Malheur à la femme tombant d’un coup de foudre à la renverse.

De la Cappadoce au Nil sur dos d’ibis frôlant la terre d’Afrique

deux moïses couronnés de soleil sur l’eau rougie

Ô enfants enlevés si tôt

Je posais mon front sur sa gorge en pleurs, la plainte me réchauffait,
le
chien gourd à nos pieds. Demain, peut-être, la couleur arriverait-elle.

Elle gémirait la seule poésie.

 

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11 août 2009 2 11 /08 /août /2009 00:26

"L'arbre noueux " sur le blog de  Hervé Pizon  : link

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9 août 2009 7 09 /08 /août /2009 14:38

Plier bagages (Il se pourrait bien que j'emporte Spinoza ! Étudiante, va !)

 

 

 

Il est des lignes comme l'immeuble en adjacentes à la tôle de là où je me tiens, il est des lignes que j'observe -j'aime aussi les courbes, vous devinez pourquoi-.

Il y aurait donc des majuscules. Je m'en fais l'observation après consulte. Il faudrait se tenir entre l'équilibre et le déséquilibre à beaucoup de chose près pour que vienne l'écriture.

 

Il faut alors ôter

et voir de loin comme à peu de chose près 

La ligne.

 

Sur le rosier un insecte a ciselé le vert, au travers je vois le jour. Si je cligne d'un oeil, je vois la dalle granuleuse. Il fait si soleil direct que s'en noie l'argent du convolvulus.

 

Aller à la marche suivante convient à mon escalier. Je gratte la mousse lourde et la mets à mon oreille : j'entends alors l'océan.

 

Il est un centre réceptacle et débordant.

Tu as été mon centre, et je me souviens de chacun de tes grains de peau, de sable ; de nos deux points.

D'un lit, de deux chaises, d'une table, de rideaux, de blé en jardinière, il ne faut avoir peur.

Regarde le silence !

 

Partir du centre et voir les lignes.

Au creux d'une épaule j'ai vu l'espace recréé, j'ai touché l'abandon.

Je prends l'encre pour de vrai.

 

J'ingère les racines, les cautérise, les envoie paître à la lune ; d'étoiles advenues, elles tachent ma feuille, la chlorose. Je coupe, j'élague, et, puisque mauvaise saison, elles ne repoussent pas, s'étranglent et pulvérisent un autre engrais. Comme je vois mieux lorsque je dors ! Comme je peine, comme je peine à la lueur de la ligne tremblante !

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6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 22:45
Il fait chaud, normal, on courbe la nuque vers le ciel, voici
l'institut du monde arabe, Paris,
on entre,

il y avait au début de ma curiosité, une affiche dans le métro aussi :


Larissa Sansour (vidéo: A space Exodus)

je faillis rebrousser chemin car ceci pieds nus :
des ballons gonflés vides ou une photo dedans parfois
et des nuages barbelés (et je pensais aux derniers dessins des enfants juifs de Prague)

Rana Bishara


ceci ne sera pas une liste, mais des yeux vers eux, mon grand-père Samuel ce jour-là fut encore un grand mouchoir à ma toute petite misère


Rula Halawani


Emily Jacir


Noel Jabbour

et
Jumana Abboud (née en 1971, vit à Jérusalem)
Taysit Batniji (né en 1966, vit à Paris)
Kamal Boullata (né en 1942, vit à Menton)
Fawzy Emrany (né en 1968, vit Bonn)
Samia Halaby (né en 1936,, vit entre les Etats-Unis et la Palestine)
Mona Hatoum (née en 1952, vit à Londres)
Mohamed Al-Hawajri (né en 1976, vit à Gaza)
Sandi Hilal (née en 1973, vit à Beit Sahour)
Khalil Rabah (né en 1961, vit à Ramallah)
Raeda Saadeh (née en 1977, vit à Jérusalem)
Steve Sabella (né en 1975, vit à Londres)
Suha Shoman (née en 1944, vit à Amman)
Sherif Waked (né en 1964, vit à Nazareth)
Hani Zurob (né en 1976, vit à Paris)

ceci n'est pas une liste.
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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 13:18

Je parle aux fleurs comme à un animal familier

je les caresse empiriquement

je n'aime pas les animaux domestiques

car ils ne font jamais le ménage à ma place

et mon endroit est peuplé de moutons

qui m'aime ne me suive surtout pas

à éplucher la clématite,

la dévergonder en pluie si je veux en son pied ombré

en sa collerette plein ciel

je me plais au silence des couleurs

je me plais à penser

lignes, territoire, cris

je me crois !

Le soir, le géranium prend de l'avance sur le chèvrefeuille ligaturé

ça n'est pas jeu

ni impatiens

c'est le ciel en toute urbanité

il décline son ombrelle

il guette ma vie en son terreau

et vertébrée

un pou en sa tête.

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Published by emmanuelle grangé - dans allez - des poèmes
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