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19 mai 2008 1 19 /05 /mai /2008 18:03

J'ai proposé à linkThierry Benquey de traduire de temps en temps un texte allemand en français avec mon grain de sel apposé. Voici donc un poème de Paul Celan :

Die Halde

Neben mir lebst du, gleich mir :
als ein Stein
in der eingesunkenen Wange der Nacht.
O diese Halde, Geliebte,
wo wir pausenlos rollen,
wir Steine,
von Rinnsal zu Rinnsal.
Runder von Mal zu Mal.
Ähnlicher. Fremder.
O dieses trunkene Aug,
das hier umherirrt wie wir
und uns zuweilen
staunend in eins schaut.

-------------------

La pente

Près de moi, tu vis, comme moi :
comme une pierre
dans la joue immergée de la nuit.
O ce versant, mon aimée,
où nous roulons sans trêve,
nous les pierres,
de ruisseau en ruisseau.
Nous arrondissant de plus en plus.
Plus semblables. Plus étrangères.
O cet oeil ivre
qui comme nous erre alentour
et parfois, étonné
plonge en nous.

 

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19 mai 2008 1 19 /05 /mai /2008 14:45
Le bouleau argenté au Père-Lachaise.

La terre se tasse,

l'hirondelle becqueteuse apaise.

 

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18 mai 2008 7 18 /05 /mai /2008 20:07
Je vais me répéter, il n'y a que l'océan pour m'étirer, je n'ai pas peur de pirouetter dans ses tréfonds, le ciel me tend la main en cas de submersion, l'apôtre me récupèrera toujours dans un de ses bleus de voûte.
Je nagerai donc comme Robinson avec les vivres en plus. J'atteindrai Cordouan à force, je débarquerai sur Ouessant en genêts, je roulerai sur les pierres et le sable, j'aurai quelques stigmates ensanglantés puis cautérisés par les flancs de la baleine, je remonterai à partir des embouchures quitte à perdre le sens de l'orientation comme les saumons, j'aurai mangé du thon tout cru, j'aurai les pensées recasées, et Paris où vous me recueillerez aura déroulé son tapis vert romantique. Je vous salerai de toutes mes lèvres sans plus de déclaration. Je reposerai, puis vous parlerai de ces noirs enfin pourfendus, du corail, ce drôle d'animal. Zut pour vous, je vous bassinerai de toutes mes découvertes jusqu'à ce que je m'endorme sous vos mains.
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14 mai 2008 3 14 /05 /mai /2008 12:46
Quand je les vois partir aux hamacs, aux murs réchauffés par mai,
je croque le radis en entier.
Des racines adviennent,
des spectres sans toit.
La minute viendra
celle qui ne sera jamais
comme l'autre passée.
Bourre la tête,
délivre les pieds mêlés,
évide le trognon,
oh une pomme au four enrobée de cannelle et de girofle !
Les stades encore, Dieu comme une superstition,
la Terre qui se déplace, un bras sorti des débris du cyclone,
la conscience toujours la mauvaise,
maudite caboche qui voudrait se reposer
à l'ombre d'une pyrogravure russe,
mais tout m'est déraciné,
tout est si vaste.
Nageuse.

 

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1 mai 2008 4 01 /05 /mai /2008 16:55

AUJOURD HUI 1ER MAI, UNE PENSEE A LA MEMOIRE
DES 6000000, D HOMMES FEMMES ENFANTS BEBES VIEILLARDS EXTERMINES, MASSACRES PARCE QU ILS ETAIENT JUIFS

Yom HaShoah- jour de commémoration de l'holocauste

Le jour de Yom HaShoah à 10 heures du matin, les sirènes retentissent pendant deux minutes à travers tout Israël. Les voitures, les bus s'arrêtent et les passagers en sortent. Les piétons s'arrêtent également et respectent deux minutes de silence. Pendant ce jour les lieux de loisirs et la plupart des établissements publics sont fermés conformément à la loi. Les chaînes de télévision et de radio diffusent essentiellement des programmes documentaires à propos de l'Holocauste et des interviews et reportages sur les commémorations. Aucune publicité n'est diffusée. Tous les drapeaux du pays sont en berne.

(L.Sarah.D.)


link
 (L.Sarah.D.)



Il existe des paroles, mais celles-là entières pas tant que ça,
Les paroles sont rares, oui, voilà.
Celles-là directes, arc non bouté, oh voilà que je pense en mots...
Je veux juste dire, merci Sarah.

(E.G.) 

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29 avril 2008 2 29 /04 /avril /2008 19:24


De ne pas répondre aux questions, d'y cligner idoine des yeux, de se souvenir des lèvres uniques appuyées, d'entendre les bouleaux argent cliqueter, de revoir l'isba galactique, d'imaginer le seul rose, celui-là japonais sous les portes coulissantes, d'évacuer le demain devant l'instant étale, de ne pas freiner le corps qui remplit l'âme, de savoir claquer, suffisant, la porte, de reprendre le fil là où il vrillait, de cracher dans la soupe tiède, de vous rencontrer toujours par miracle provoqué, de voir la beauté de Uccello, d'entendre votre voix, d'apercevoir à l'heure la clématite s'ouvrir, elle s'apaise.






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29 avril 2008 2 29 /04 /avril /2008 14:06

photo de Nicolas Chik, Elsa chez elle.

 

Ma chère, je dirais même... bah, ces mots-là écrits ainsi ou ainsi...

Une nuque est émouvante, dit-on, mais encore faut-il voir son prolongement vers la main fine de batailleuse, le regard vers le très loin pas toujours bleu d'Epinal, et perplexe. Ma chérie...

Elle est assise sur les genoux de son père, elle a 10 ans, elle tourne la tête, elle dit t'es jalouse ? Elle pense très fort plus tard pourvu que ce soit un frère, dans la voiture je lui dis ce sera une sœur, elle répond c'est bien aussi. Ainsi commencent les trois sœurs et mon étonnement admiratif. Aucune signature de filiation, de sang, ça suffit, on a donné, paix aux Karamazov.

Elsa et moi savons chanter les tubes, nous commençons fortes de l'absence d'oreille absolue, et lalala, les paroles nous gonflent, nous pouffons jusqu'à l'heure de prendre nos maillots pour l'océan, nous avons le luxe des propriétaires temporaires et l'indépendance des déracinées.

 

 

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29 avril 2008 2 29 /04 /avril /2008 14:03


En vous comme en moi

jusqu'au point limite, et tiens, plus loin, ah.

Une bonne fois d'accord sans repos.

La Seine comme la Spree comme Chatila.

Que je m'exclame sur, après le vit bien ajusté,

parenthèse exclusive,

ça fait du bien la perte de toute orientation.

Je m'égare, encore, enfin, jouissances multiples,

baisse un peu l'abat-jour.

Pour mieux voir,

pardon,

je ne voudrais que nous.

Rien ne me console

de la disparition de vous en guerre,

mais le monde rabougrit, savez-vous ?

Mêlons-nous-en, mon amour.

 

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29 avril 2008 2 29 /04 /avril /2008 14:00
C'est vers la nuque

à droite, cheveux soulevés que d'un côté,

elle zèbre, tombe.

Oubli lorsque la bouche tend vers là,

et de l'autre main, la tempe.

Immobilité

seul flux

oh

perte de tout.

Flanelle ils sentent,

dehors les gens bougent trop,

eux vont l'amble

cous de girafe

hanches siamoises.

Elle est raplapla la terre, et silencieuse

au moins pour leur temps,

après,

c'est une autre histoire sans queue ni tête.

 

 

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29 avril 2008 2 29 /04 /avril /2008 13:57

Les larmes de Petra von Kant dégoulinent sans cinéma

ou le vrai.

La lettre de la somnambule est bien saignante,

il faut bien par ces temps verts de glauque,

c'est Verdi qui fait Macbeth,

et Callas qui rougeoie en lisant la lettre.

Il fut un temps où ils partaient tous en Italie

plaids à l'appui, Martini dans la besace,

ceux du plus au Nord.

Et l'Arno cachait encore, sous la vigne, Masaccio.

Des incendies partout à noyer tous les cris des non innocents.

Seuls les voyants.

Comblent les os la fosse commune, cris cris...

Ou l'autodafé.

Ca pianotera toujours dans les prisons sur une planche

pour ne pas oublier -ça c'est du sport-

Vous entendez ?

Jamais d'ensevelissements,

et des encombrements, et vous me traînez bien,

et roulent les crânes de la pensée.

Aujourd'hui ne contredit pas.

 

 

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