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28 mai 2008 3 28 /05 /mai /2008 01:51


On n'a jamais vu un noyé faire la planche ou l'indienne. Ou ?
Ou l'Ophélie préraphaélite pour surnager ainsi et attraper une pneumonie.

Boire la tasse dans la baignoire, dans l'océan - c'est plus anonyme et charmant pour l'œil délicat qui lit - après le sillage de l'autre et se rappeler à vie cette âme, les instants hors pesanteur, tous les membres adroits emberlificotés, les galets semés comme autant de suspensions, le deuxième bouton off de la chemise sous costume, l'âpre et le lisse, le cru et le tout cuit...
Si vivants comme demain encore. Mieux qu'un pense-bête, la mémoire de l'eau.

 

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25 mai 2008 7 25 /05 /mai /2008 15:23

Vu de dehors
aucun nom pour les inséparables
épluche l'oignon
il paraît que sous les couches
on voit l'âge
le couteau n'est pas très habile
à débarrasser le parchemin
la lame est vaine
plonge l'oignon sous l'eau
tout se noiera
hors du temps
sauf l'empreinte des poils
à la peau blanche
et les goûts mêlés
plein la bouche
qu'y a-t-il de plus incongru
que la flanelle
pour écrire ensuite
des jambes par-dessus tête ?

 

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22 mai 2008 4 22 /05 /mai /2008 11:03

Les morts n'auront jamais la paix avec elle.
Elle ouvre la fenêtre déglinguée du bureau en douce, celle qui s'effrite sur le jardin désormais troué par les chiens, l'odeur, celle que vous voulez, qu'importe, reste dans les cheveux, le regard bat froid les premiers regains du printemps.
Elle pourrait imaginer le lilas en fleurs, les hortensias en boutons, non, penses-tu, il fait vide sauf la voix de Suzanne désagréable tant elle siffle lorsqu'elle gueule après ses deux fils pour une broutille, tant elle captive lorsqu'elle leur lit Camus ; toute l'Algérie avant, après Napoléon - non, pas Bonaparte, mon crétin chéri, un autre- défile avec les ports, les bleds, le désastre, la stupidité sanglante. Suzanne parle haut d'Abane Ramdane et de la poésie de Frantz Fanon.
Dans le jardin, il fait boueux, et jamais un plan de coriandre n'a été planté du temps de Suzanne. Les bougainvilliers sont restés chétifs, la menthe a résisté uniquement pour son odeur pas pour le thé. A mettre à sac la maison, elle ne trouve aucune trace tangible de Suzanne. Seule la voix de celle-ci, dévastatrice, parcourt la Méditerranée sans soupirer avec une inflexion qui encourage les deux garçons à élargir leur visage sur l'oreiller. Suzanne parle droit et endort ses fils.
... Il était une fois une femme qui avait désappris à rouler la graine, à écraser les filaments de safran, une fillette qui était devenue sourde à force d'entendre des cris dans la cave, on lui disait c'est normal, c'est la dame blanche qui punit les méchants, et méchante avec de gros yeux embués elle avait grandi d'un coup, de sourde les bras lui en étaient tombés, oui, c'est pour ça qu'elle ne pouvait plus cuisiner. Tous ses membres mutilés avaient migré dans sa tête qui, énorme, menaçait d'exploser car elle avait aussi engrangé trop de recettes, de visions, de cris en sous-sol, de livres, de sable, de salves... Aucun chapeau ne lui allait, et l'adolescente devenue fut surnommée Suzanne La Malcoiffée. Ca lui convenait, elle n'entendait pas. A seize ans elle rencontra Sylvain sur le bateau en goguette hâtive pour la métropole. Ils eurent deux garçons...
Elle ne sait pas raconter une histoire avec un début glorieux et une fin triste ou vice versa à rebondissements ou toute tiède high tech, d'ailleurs ça n'est plus possible, hein ! Elle barricade la fenêtre, Suzanne crie trop même volets tirés.

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22 mai 2008 4 22 /05 /mai /2008 10:46
Ce n'est pas par sentimentalisme, mais par sentiment que je parle d'elle,
celle dont je connais le nom, celle qui a toujours la beauté en elle pour les autres.
Savez-vous ce qu'est la beauté ?
Un instant qui advient alors qu'on est tout froissés et rabougris et vilains.
Et la voilà, Elle, vous atteignant en plein vous quel que vous soyez parce qu'elle vous a vus.
J'ai reçu d'elle les plus grands élans courageux,
les plus fortes questions,
la pertinence intellectuelle.
J'ai lu d'elle l'effacement devant les autres,
je suis partie vers ce qu'elle offrait de tous continents.
Pardon, mais tu es comme ma soeur que j'ai rêvée,
mAnanyia.





link  mAnanyia







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19 mai 2008 1 19 /05 /mai /2008 18:03

J'ai proposé à linkThierry Benquey de traduire de temps en temps un texte allemand en français avec mon grain de sel apposé. Voici donc un poème de Paul Celan :

Die Halde

Neben mir lebst du, gleich mir :
als ein Stein
in der eingesunkenen Wange der Nacht.
O diese Halde, Geliebte,
wo wir pausenlos rollen,
wir Steine,
von Rinnsal zu Rinnsal.
Runder von Mal zu Mal.
Ähnlicher. Fremder.
O dieses trunkene Aug,
das hier umherirrt wie wir
und uns zuweilen
staunend in eins schaut.

-------------------

La pente

Près de moi, tu vis, comme moi :
comme une pierre
dans la joue immergée de la nuit.
O ce versant, mon aimée,
où nous roulons sans trêve,
nous les pierres,
de ruisseau en ruisseau.
Nous arrondissant de plus en plus.
Plus semblables. Plus étrangères.
O cet oeil ivre
qui comme nous erre alentour
et parfois, étonné
plonge en nous.

 

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19 mai 2008 1 19 /05 /mai /2008 14:45
Le bouleau argenté au Père-Lachaise.

La terre se tasse,

l'hirondelle becqueteuse apaise.

 

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18 mai 2008 7 18 /05 /mai /2008 20:07
Je vais me répéter, il n'y a que l'océan pour m'étirer, je n'ai pas peur de pirouetter dans ses tréfonds, le ciel me tend la main en cas de submersion, l'apôtre me récupèrera toujours dans un de ses bleus de voûte.
Je nagerai donc comme Robinson avec les vivres en plus. J'atteindrai Cordouan à force, je débarquerai sur Ouessant en genêts, je roulerai sur les pierres et le sable, j'aurai quelques stigmates ensanglantés puis cautérisés par les flancs de la baleine, je remonterai à partir des embouchures quitte à perdre le sens de l'orientation comme les saumons, j'aurai mangé du thon tout cru, j'aurai les pensées recasées, et Paris où vous me recueillerez aura déroulé son tapis vert romantique. Je vous salerai de toutes mes lèvres sans plus de déclaration. Je reposerai, puis vous parlerai de ces noirs enfin pourfendus, du corail, ce drôle d'animal. Zut pour vous, je vous bassinerai de toutes mes découvertes jusqu'à ce que je m'endorme sous vos mains.
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14 mai 2008 3 14 /05 /mai /2008 12:46
Quand je les vois partir aux hamacs, aux murs réchauffés par mai,
je croque le radis en entier.
Des racines adviennent,
des spectres sans toit.
La minute viendra
celle qui ne sera jamais
comme l'autre passée.
Bourre la tête,
délivre les pieds mêlés,
évide le trognon,
oh une pomme au four enrobée de cannelle et de girofle !
Les stades encore, Dieu comme une superstition,
la Terre qui se déplace, un bras sorti des débris du cyclone,
la conscience toujours la mauvaise,
maudite caboche qui voudrait se reposer
à l'ombre d'une pyrogravure russe,
mais tout m'est déraciné,
tout est si vaste.
Nageuse.

 

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1 mai 2008 4 01 /05 /mai /2008 16:55

AUJOURD HUI 1ER MAI, UNE PENSEE A LA MEMOIRE
DES 6000000, D HOMMES FEMMES ENFANTS BEBES VIEILLARDS EXTERMINES, MASSACRES PARCE QU ILS ETAIENT JUIFS

Yom HaShoah- jour de commémoration de l'holocauste

Le jour de Yom HaShoah à 10 heures du matin, les sirènes retentissent pendant deux minutes à travers tout Israël. Les voitures, les bus s'arrêtent et les passagers en sortent. Les piétons s'arrêtent également et respectent deux minutes de silence. Pendant ce jour les lieux de loisirs et la plupart des établissements publics sont fermés conformément à la loi. Les chaînes de télévision et de radio diffusent essentiellement des programmes documentaires à propos de l'Holocauste et des interviews et reportages sur les commémorations. Aucune publicité n'est diffusée. Tous les drapeaux du pays sont en berne.

(L.Sarah.D.)


link
 (L.Sarah.D.)



Il existe des paroles, mais celles-là entières pas tant que ça,
Les paroles sont rares, oui, voilà.
Celles-là directes, arc non bouté, oh voilà que je pense en mots...
Je veux juste dire, merci Sarah.

(E.G.) 

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29 avril 2008 2 29 /04 /avril /2008 19:24


De ne pas répondre aux questions, d'y cligner idoine des yeux, de se souvenir des lèvres uniques appuyées, d'entendre les bouleaux argent cliqueter, de revoir l'isba galactique, d'imaginer le seul rose, celui-là japonais sous les portes coulissantes, d'évacuer le demain devant l'instant étale, de ne pas freiner le corps qui remplit l'âme, de savoir claquer, suffisant, la porte, de reprendre le fil là où il vrillait, de cracher dans la soupe tiède, de vous rencontrer toujours par miracle provoqué, de voir la beauté de Uccello, d'entendre votre voix, d'apercevoir à l'heure la clématite s'ouvrir, elle s'apaise.






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