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12 avril 2008 6 12 /04 /avril /2008 22:29


« La nuit est arrivée, déjà ? » Elle s'annonce pas à pas, pas du tout furtive depuis l'été, les jours raccourcissent, ont-ils déjà été longs, et combien même, il manque la cédille, et un d, le temps raçourdit, je n'entends plus comme chez Marivaux, j'ai l'oreille décollée du cerveau et une épaule démise. Il a heurté mon attente, il s'en est pris à ma peau collée à la sienne, dans le miroir on voit nettement la différence, on prend des poses différentes, et là encore, il n'y a aucun doute, une cuisse est mate, celle d'un rugbyman, une jambe est blanche assez effilée. Il y a des rires aussi avant les corps replongeant. Et puis la nuit. L'épaule, je la connais de toutes ses odeurs, avant, après, elle est large suffisamment pour s'endormir et tout de suite rêver. Je ferme les yeux à ce moment et je rêve, de quoi, assez pour que ma joue transpire et se décolle en eau de sa peau. Pendant combien de temps ? Une éternité comme dans les films de 90mn.

Le goût de la cerise. Dehors, c'est cinglant à la sortie de la salle obscure, les yeux doivent s'adapter aux tours proches du MK2, on va en griller une au café et tellement on hésite entre le Perrier et le p'tit blanc, on a la tête chamboulée, pour longtemps, logé dans une strate du cerveau qui commande au coeur. Je porte en moi des films, je voudrais qu'ils rebondissent toujours plus loin, j'ai une énergie folle, la nuit. J'ai froid à ma joue.



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Published by emmanuelle grangé - dans la nuit
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12 avril 2008 6 12 /04 /avril /2008 22:14

Dormante
à réconcilier
toison
impalpable
des ors
prédominent
tachetés de cils improbables là où le raphia exhibe impudique
ses déclinaisons
brutes
sinueuses
-elle-
se prend
à distiller
les vapeurs du vent soulevant la laine blanche serrée
des corps de momies
intouchables
à la main
qui effeuille
grain par grain
la peau
les yeux sont cousus d'odeurs huilées transfusées
sans retour
la bouche déborde
de velours
brut
humide
il retient l'empreinte de la main sur son genou
avant d'escalader la dent de roche
les vaisseaux
s'irriguent
d'étoiles
stupéfiantes
le mimosa lui seul trouve son nom dans l'abandon
de l'eau du saule.

 


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Published by emmanuelle grangé - dans allez - des poèmes
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12 avril 2008 6 12 /04 /avril /2008 21:09

Le sursaut l'étrangla
mais la pointe de sa langue
délia le bouillon.




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Published by emmanuelle grangé - dans trois lignes
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12 avril 2008 6 12 /04 /avril /2008 20:47

On ne dirait pas comme ça, enfin je savais presque.

Au milieu des oliviers du 20e sous la charpente métallique après un mojito
au « chien perdu » -je ne suis plus sûre de l'enseigne, mais sûre que ce n'était pas une chienne- rue Boyer, 1 j'étais en avance, et la douceur avec moi même si quelque souvenir-passage par-là me chavirait.

La chanteuse s'est avancée, elle était en coulisse puisqu'elle avait encore ses lunettes noire et déjà l'impertinence de sa blondeur.

Oh jeunesse si intelligente immédiate, (j'étais si gourde, moi, alors, moins aujourd'hui ?)

La voix.

Et puis celle derrière le micro grave mine de rien au milieu des braillards de la Bellevilloise, la tête nerveuse d'affirmation, l'humour n'est pas loin, la concentration offerte, ce mélange de sérieux et de plaisir, tiens, oui, une artiste, c'est ça. Mine de rien et d'affirmation.

Je sais son nom, il est roucoulant et âpre. Un coup en plein dans notre histoire. Je le dirai plus tard. Comme j'ai bien fait de renoncer à ma tanière pour aller là-bas.

L'enveloppe des samoussas est devenue molle, l'oeil était tendu vers la scène.

Je te suis, princesse.

Et toi, si à côté pudique, offert à elle, prends garde aux coups de soleil et ne déroge pas...

Vous avez été mon plaisir infini.

(4 octobre 2007)



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Published by emmanuelle grangé - dans Anne-Olivia Belzidsky
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12 avril 2008 6 12 /04 /avril /2008 10:29
De quoi sommes-nous faits ? Empêchez-moi de me dénuder, préférez mes lèvres, nous irons de rue en rue. Les grues font de l'ombre au Reichstag, je vous emmène vers les droits de l'homme inscrits sur verre, les lieux ont bien changé depuis mon enfance, mais je connais un tantinet ma ville, un pied en Allemagne, un pied plus à l'est. Les plantes aquatiques sont adéquates, les racines s'étalent sans toit, peut-être pourrai-je vous montrer quelques coquillages dans la Spree, l'un s'appelle Rosa L. C'est un hermaphrodite jamais ensablé...

Oh, comme je suis sentimentale d'un coup, comme je m'abandonne, mécréante.

Les moineaux viennent jusqu'à nous implorer les miettes de pain. Vous mangez debout comme moi la Curry Wurst sur l'Alexanderplatz. Je n'aime pas la bière, mais j'entends avec plaisir le galopin, je décapsule le Fanta, tout ça tombe dans les talons. Nous survolons les musées sauf celui de Käthe Kollwitz, il y a partout des pelouses à Berlin, vous prenez mon visage à deux mains, je lis dans vos yeux ce que nous sommes.

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28 mars 2008 5 28 /03 /mars /2008 19:15

Une alter sombre préservée s'est assise en face de moi
la lumière froide fondait sur sa natte
chatte griffue sous les rondeurs d'étoffe laineuse
minois lisse front osé
les mots nous ont raptées
vers une révolte
pas à pas velours hérissé
main dans la patte
la neige imaginée a bientôt floconné
à force de mélanges abusés
que d'autres timorés enfouissaient
nous n'avons d'arme
que l'élégance
des indiscrètes pointues
des joyeuses en marche
sous au dessus de notre peau réceptacle pensant
ma précieuse
mes ors
du bout du monde.

(E.G.)

***************


A se souvenir d'une neige de plomb
lourde à accoucher de nos voeux
nous veuves noires enfantant
d'elle à la face
des timorés ignorants
Devant moi, elle, liane blonde , longue
vaste au ciel étendant sa face blanche
s'opposant à lui l'azur étal
apposant son ombre rose à la mienne noire
Grande à la nef rouge et or du cirque
elle
Voltigeait en larmes là-haut toute lunée
Et également à moi
Miroitait mon âme ailée d'elle
Feu! Feu!
o
Eme Emma
étrange grande
Emma!

(Flore Lefebvre des Noettes 15 octobre 2004)
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Published by emmanuelle grangé - dans allez - des poèmes
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