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8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 18:55

 

 

         Les roses pompon n’ont pas d’odeur, aucune saveur, elles poudrent l’œil. Inclinent-elles la tête que les sœurettes ploient du même chagrin, rose buvard. Je les croirais uniques, de première naissance, on me dit, que tu te goures, fillette, nenni, elles obtempèrent à une ancienne filiation – on est un con, je me dis. Elles sont de première fraîcheur et tiennent longtemps dans le vase, enfin, j’espère, dit ma voisine – ma voisine s’y connaît, d’ailleurs, elle m’a confié son chat et son jardin. Les roses pompon me ravissent et m’égratignent, elles penchent la tête et disent pardon. Elles parlent aussi. Elles me reposent de celles de Damas qui piquent mon œil à le faire rager jusqu’aux larmes. J’aime les roses pompon à en perdre la tête, je peux en voir des centaines, des milliers, tous les jours. Je leur claque le bec, je renifle dans l’océan, je suis une bonne nageuse, elles seraient capables de me rappeler la douleur.  

 

 

 

 

 

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13 juillet 2012 5 13 /07 /juillet /2012 09:33

 

 

 

R..., le 13 juillet 2012

 

 

 

 

J'habite la canopée d'un lilas des Indes, d'ici la fin juillet je verrai craquer les boutons indigo, ils iront bien à mon teint légèrement hâlé – je tiens cette information d'un amateur de couleurs -, j'entendrai la crevette de Charente frétiller dans le filet puis à gros bouillons dans ma poêle, repue sera-t-elle de thym et de laurier et de boulet de Cayenne, finalement domptée, blanchâtre, rosée, que je croquerai à hauteur du lilas et du verre de pineau, je pesterai contre l'hirondelle s'en allant virevolter de l'entre-gouttière au ciel, s'en retournant lester une virgule de fiente sur le pain bis tout chaud oint de beurre demi-sel, je préférerai la tourterelle qui, à l'aube, chine le jardin, grimace au fumet du café et me distrait de l'écriture dans la cour des roses trémières au pied de l'arbre à Cordouan. Bons baisers.

 

 

 

 

 

 

 

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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 11:55

 

 

 

 

 

com-aiguille-W.jpg

 

photographie de Leslie Tychsem

 

 

 

 

Oyez ! 50 exemplaires peaufinés par la maison Tychsem !

 

Le premier numéro de L’Aiguille, une revue cousue main, en lé 12 x 12, est en vente à partir du 12/01/2012 dans son étui. Vous y trouverez des textes, des illustrations, un CD multimedia : un hommage à Blaise Cendrars.

Il a été chantourné par Emmanuelle Grangé, Leslie Tychsem, Hervé Pizon

avec la participation précieuse amicale de Jean-Yves Bécart

 

 

Prix : 7 euros + 1,50 euro frais de port

 

 

 

 

 

 

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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 12:10

  

 

(…)

Lire le texte avant de regarder la vidéo. C'est exceptionnel
>
>
> Le 12 mars dernier, Silvio Berlusconi a dû faire face à la réalité.
> L'Italie fêtait le 150ème anniversaire de sa création et à cette occasion fut donnée, à l'opéra de Rome, une représentation de l'opéra le plus symbolique de cette unification : Nabucco de Giuseppe Verdi, dirigé par Riccardo Muti.
>
> Nabucco de Verdi est une oeuvre autant musicale que politique : elle évoque l'épisode de l'esclavage des juifs à Babylone, et le fameux chant « Va pensiero » est celui du Choeur des esclaves opprimés. En Italie, ce chant est le symbole de la quête de liberté du peuple, qui dans les années 1840 - époque où l'opéra fut écrit - était opprimé par l'empire des Habsbourg, et qui se battit jusqu'à la création de l'Italie unifiée.
>
> Avant la représentation, Gianni Alemanno, le maire de Rome, est monté sur scène pour prononcer un discours dénonçant les coupes dans le budget de la culture du gouvernement. Et ce, alors qu'Alemanno est un membre du parti au pouvoir et un ancien ministre de Berlusconi.
>
> Cette intervention politique, dans un moment culturel des plus symboliques pour l'Italie, allait produire un effet inattendu, d'autant plus que Sylvio Berlusconi en personne assistait à la représentation!
>
> Repris par le Times, Riccardo Muti, le chef d'orchestre, raconte ce qui fut une véritable soirée de révolution : « Au tout début, il y a eu une grande ovation dans le public. Puis nous avons commencé l'opéra. Il se déroula très bien, mais lorsque nous en sommes arrivés au fameux chant Va Pensiero, j'ai immédiatement senti que l'atmosphère devenait tendue dans le public. Il y a des choses que vous ne pouvez pas décrire, mais que vous sentez. Auparavant, c'est le silence du public qui régnait. Mais au moment où les gens ont réalisé que le Va Pensiero allait démarrer, le silence s'est rempli d'une véritable ferveur. On pouvait sentir la réaction viscérale du public à la lamentation des esclaves qui chantent : « Oh ma patrie, si belle et perdue ! ».
>
> Alors que le Choeur arrivait à sa fin, dans le public certains s'écriaient déjà : « Bis ! » Le public commençait à crier « Vive l'Italie ! » et « Vive Verdi ! » Des gens du poulailler (places tout en haut de l'opéra) commencèrent à jeter des papiers remplis de messages patriotiques ' certains demandant « Muti, sénateur à vie ».
>
> Bien qu'il l'eut déjà fait une seule fois à La Scala de Milan en 1986, Muti hésita à accorder le « bis » pour le Va Pensiero. Pour lui, un opéra doit aller du début à la fin. « Je ne voulais pas faire simplement jouer un bis. Il fallait qu'il y ait une intention particulière. », raconte-t-il.
>
> Mais le public avait déjà réveillé son sentiment patriotique. Dans un geste théâtral, le chef d'orchestre s'est alors retourné sur son podium, faisant face à la fois au public et à M. Berlusconi, et voilà ce qui s'est produit :
> [Après que les appels pour un "bis" du "Va Pensiero" se soient tus, on entend dans le public : "Longue vie à l'Italie !"]
> Le chef d'orchestre Riccardo Muti : Oui, je suis d'accord avec ça, "Longue vie à l'Italie" mais...
> [applaudissements]
>
> Muti : Je n'ai plus 30 ans et j'ai vécu ma vie, mais en tant qu'Italien qui a beaucoup parcouru le monde, j'ai honte de ce qui se passe dans mon pays. Donc j'acquiesce à votre demande de bis pour le "Va Pensiero" à nouveau. Ce n'est pas seulement pour la joie patriotique que je ressens, mais parce que ce soir, alors que je dirigeais le Choeur qui chantait "O mon pays, beau et perdu", j'ai pensé que si nous continuons ainsi, nous allons tuer la culture sur laquelle l'histoire de l'Italie est bâtie. Auquel cas, nous, notre patrie, serait vraiment "belle et perdue".
> [Applaudissements à tout rompre, y compris des artistes sur scène]
>
> Muti : Depuis que règne par ici un "climat italien", moi, Muti, je me suis tu depuis de trop longues années. Je voudrais maintenant... nous devrions donner du sens à ce chant ; comme nous sommes dans notre Maison, le théâtre de la capitale, et avec un Choeur qui a chanté magnifiquement, et qui est accompagné magnifiquement, si vous le voulez bien, je vous propose de vous joindre à nous pour chanter tous ensemble.
>
> C'est alors qu'il invita le public à chanter avec le Choeur des esclaves. « J'ai vu des groupes de gens se lever. Tout l'opéra de Rome s'est levé. Et le Choeur s'est lui aussi levé. Ce fut un moment magique dans l'opéra. »
>
> « Ce soir-là fut non seulement une représentation du Nabucco, mais également une déclaration du théâtre de la capitale à l'attention des politiciens. »
>
> Voici une vidéo de ce moment plein d'émotion
> http://www.youtube.com/embed/G_gmtO6JnRs

 


(…)

 

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 18:12

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2012

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 16:39

 

 

 

Dans le métro en sa première rame

j’ai vu des revenants au teint blême.

Je me souviens d’un petit jour pas si loin d’aujourd’hui

où le quidam osé déposait un baiser sur le front de l’enfant

dans le giron de sa mère sur les genoux du père

À tendre l’oreille un murmure parvenait

de cette bouche allumée :

une espèce de « bonne année bonne santé »,

mon ange

Le chérubin se rappelle les lèvres mouillées

Sur ses cils perle encore cette audace

arrosée de la nuit du petit jour

gouttant la jaja ou le grand cru

une espérance

une caresse

humide légère

tenace

Dans cette première rame d’un temps pas si loin d’aujourd’hui

où le néon écrase l’étoile mutine

de l’œil du voisin

tout à la solitude d’une mission remplie

un soupir incolore

quand se referment les portes automatiques

à la station République.

 

 

 

Bonne année bonne santé !

 

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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 08:27

 

 

C’est l’histoire d’un ancien duc de Milan, Prospéro,  déchu et échoué avec sa fille Miranda sur une île. C’est l’histoire d’un homme qui, grâce au livre de magie rescapé comme lui, va enchaîner sous ses ordres Ariel, esprit de l’air, et Caliban, créature sauvage. C’est un des derniers écrits de Shakespeare. Le poète parle des désillusions de l’homme, de l’espoir pourtant, du vacillement des connaissances, de la nature à apprivoiser, des voyages qui sous-entendent la découverte et l’esclavage.

La pièce commence par une tempête déclenchée par Ariel sous l’ordre de Prospéro. Elle commence formidable à la Maison des Arts et de la Culture de Créteil grâce aux acteurs dirigés par le metteur en scène Philippe Awat assisté de Magali Pouget, aux lumières de Nicolas Faucheux, à Emmanuel Sauldubois au son. Il n’y a pas déploiement de moyens financiers, mais ingéniosité, pensée et ludisme de tous les actants. Rappelons-nous l’enfant qui préfère toujours jouer au bateau avec une coquille de noix, une allumette, un bout de papier, imaginer qu’il part en mer plutôt que manier le voilier high tech dont la pile s’use toujours trop tôt. Dès la première image, dès les premiers mots (traduction et adaptation idoines de Benoîte Bureau), le spectateur jubile.

Les éléments déchaînés larguent sur l’île le frère de Prospéro, duc usurpateur de Milan, le roi de Naples et plusieurs nobles napolitains. La vengeance de Prospéro est en marche sur l’air de la tragi-comédie.  Un seul et unique décor (de Benjamin Lebreton) figure aussi bien le bateau échoué à haut flanc d’où glisseront et grimperont les protagonistes que la cellule de Prospéro. Ariel est interprété par Pascale Oudot, Ariel est féminine et enfant (en allemand, c’est pratique, le genre neutre existe, le doute féminin-masculin subsiste), Ariel est sous les ordres de Prospéro, c’est elle-lui qui opère la magie, l’illusion qui rendront fous puis finalement lucides les rescapés. Ariel, au service de Prospéro demande à celui-ci de le libérer. Pascale Oudot enchante, encore et toujours dans cette pièce de Shakespeare, par sa grâce, son intelligence, son art. Elle se meut dans l’espace, tantôt d’air tantôt d’eau, elle chante, elle danse presque, parfois finement aidée par Clément Debailleul, compagnie 14 :20, aux effets scéniques. Prospéro, le tyran, Caliban, l’esclave et elle sont sans doute aucun les figures tragiques de La Tempête.  

Le sérieux, la subtile légèreté et la générosité sont au rendez-vous dans cette mise en scène. Ces artisans-là du théâtre n’assènent pas, ils ont bien trop chantourné leur art pour qu’on n’entende plus leur travail d’ouvriers de fond. Jan Kott ne se trompait pas, dans les années 60, en titrant son ouvrage concernant le dramaturge anglais : Shakespeare, notre contemporain.

Jean-Pol Dubois est Prospéro ;  loin de tout manichéisme, il apporte la fragilité au personnage tyrannique

Carlos Chahine est Alonso, l’usurpateur impassible

Mickaël Chirinian est Sebastian, le noble au lâche courage !

Xavier de Guillebon est Antonio, aristo parjure jusqu’au bout de sa longue silhouette

Laurent Desponds est Stephano, sadique buveur

Jean-Marc Eder est Gonzalo, ou la simplicité élégante de l’acteur

Benjamin Egner est Trinculo, truculent, truculent (de rire, mes zygomatiques se sont musclés)

Florent Guyot est Caliban, sous le tragique agile gymnaste, l’humour de l’acteur

Jean Pavageau est Ferdinand, l’amoureux transi effronté de Miranda

Angélique Zaini est Miranda, tiens, encore une délicieuse

Création musicale, ténue, tenue tout au long du spectacle et jusqu’aux chants d’Ariel : Victor Belin, Antoine Eole

Costumes : Pascale Robin

Travail corporel : Véronique Ros de la Grange

 

Calendrier des représentations :

du 15 au 26 Novembre 2011 > MAC de Créteil

6 et 7 Décembre 2011 > Le Manège à Maubeuges

du 6 au 21 Janvier 2012 > Théâtre Romain Rolland de Villejuif

10 Février 2012 > Théâtre de Chelles

14 Février 2012 > Théâtre de Champigny

9 mars 2012 > Théâtre des Sources de Fontenay sous Bois

13 mars 2012 > Théâtre de Cachan

24 mars 2012 >Théâtre de Saint-Maur

29 mars 2012 >Théâtre de l’Onde à Vélizy

3 et 4 avril 2012 >Théâtre de L’Agora scène nationale d’Evry

6 avril 2012 > Pôle Culturel d’Alfortville

17 et 18 avril 2012 > Comédie de l’Est de Colmar

 

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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 22:19

 

 

 

le-testament-3-copie-1.jpg

 

 

 

 

115 pages (poésie, théâtre, nouvelle, photos, gravures) avec :

 

 LE POÈTE INCONNU / CÉCILE TOULOUSE / JACQUES SICARD / SEG

DALLONGEVILLE / JEAN-CLAUDE BABOIS / LILAS KWINE /

PASCAL LERAY / FABIEN PESTY / JULIETTE GUERREIRO / HERVÉ

PIZON / YANNIS SANCHEZ / LESLIE TYCHSEM / STROFKA /

EMMANUELLE GRANGÉ / MÜ / LE BABEL / EMMANUEL RASTOUIL

ENTREVUE CHANSON : FLORENT MARCHET

+ GRAVURES JEAN-PIERRE MALTESE

+ PHOTOGRAPHIES AUDREY BARDOU.       

 

 

où, quoi, comment se le procurer :   letestament@bbox.fr

 

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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 12:26

 

 

La photo de ma prêteuse Fragon ou de la suite dans les blogs

 

 

 

Tu es mon amour, ainsi commence l’histoire, rien ne la contredit ni les quelques cyprès aux ombres effilochées qui camouflent, maigres fiers cols, la vieille gisante du village, feu marin son épousé ni le coup de frein mécanique et vain.

C’était en Corse ou au Père Lachaise, c’étaient des pas, l’un devant l’autre, tu savais combien je préférais l’un à côté de l’autre pourvu et tant mieux les ramifications.

C’était en avion-jet ou devant la fenêtre.

Tu me fais du bien, tu me fais du mal ; nommer cette rencontre un amer remarquable chaotique sur l’huile du bitume n’englobe-t-il pas tous les gémissements de la terre, la joie des jambes flanelle? Et tant pis si le lendemain devient faussaire de l’hier, creuse la moue, cerne les yeux, éphéméride les lunes.

Au début nous étions des mille et des cents à nous accoupler pour le meilleur, ensuite pour le pire à nous clouer les ailes délivrant la jactance des patati patata, un pot-pourri de regrets qui hoquette le sent-bon des draps et les arpents fertiles d’un séjour sur terre. En dernier, nous fûmes ballottés comme décrochés du cadre lasuré, restait dans la fumée de la tapisserie ce rectangle blanc telle la non promesse d’une histoire malgré nous. Veinulé dans le bois de Fontainebleau, vu à jamais un jour de grande chaleur, « je t’aime ».

Comme ils sont remarquables, ces vieux enfants, rouge balluchon, qui dansent des percussions sur le bitume et rateront toujours le bus impatient !

 

 

nat-1.JPG

 

 

photo prêtée de Fragon link  

 

 

 

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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 15:52

17 avril 2011

 

Il pleut des manines ou des brisures de pâte, de papier qui voltigent quelques secondes et puis s’en vont. Des bouts de cerf-volant, et puis, plus rien. Cela vu de mon siège éjectable en regards vers le dernier étage de la terrasse au loin.

L’arbre de la terrasse au loin a poussé, j’en ai écrit, il est feuillu aujourd’hui; comme le temps… passe, crépite, aveugle, moisit, vit… vit, vit, oui. Voyez-y l’intimité et la dérobade.

Je disais à mon Ami, vois comme l’exercice est de chaque jour, comme aucun corps ne ressemble à l’autre, comme aucune figure ne se fige, vois le mouvement et le tremblement de la petite veine à la commissure de l’œil, comme ils palpitent. Je parlais de certains danseurs. Je disais, et nous marchions, Vieille du Temple, lorgnions, goguenards, les vitrines, ou nous entendions, le plus souvent nous nous taisions. Tout ça parce qu’au cinéma Latino, nous nous arrêtâmes, et que la réflexion de l’un, de l’autre, mit en branle tout haut ce que nos pensées cavalaient en solitaires. Il fut question aussi du point-virgule, plus tard ou avant, puisque nous passâmes devant l’établissement éponyme et nous imaginâmes un long instant en superbes monsieur-madame Loyal exhalant une prose, micro en pogne, un compère, empailleté lui aussi, au tablâ. (Je me demande comment arranger ces « âmes », « îmes » sinon placer la situation en un autre moment… rejoindre l’imparfait, voilà, sacrebleu !)

Je disais, mais lui aussi, nous engagions un dialogue en traversant Paris d’Est en Centre et inverse; autant au départ nous marchions vers l’adret, autant au retour nous prîmes l’ubac puis le métro et nous séparâmes. Je dormis longuement à contre courant de l’heure d’été, au réveil, je lus, biscornue, le mail de mon Ami ; il parlait de points-virgules, d’Antoine Blondin et de moulins à vent, à café, de Sancho Panza, de ping-pong aperçu dans un square en adret cet après-midi-là.

Ce matin, j’aperçus les manines qui pleuvaient l’inconsolation, je pris un mouchoir et mon souffle d’un autre jour à deux mains.

 

 

 

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