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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 18:30

 

 

 

 

 

La commune mortelle

 

 

Oui, oui, je te serinais la rassurance

comme un et un seraient côte à côte

plus sur des esses pendouillés

un dernier mot à dire

un espadon volait et atterrissait en mon assiette

jaune de citron à peine cuit

mieux ça valait

une arête déglutissait la peine

nous ravalions nos larmes

Pourquoi, dis-moi, mon rassureur,

ne puis-je voir d’une face pleine la lune

la photo de celle qui entre en ma cuisine

le matin boire le café

Pourquoi  la vois-je telle arriver en ces jours

et de nos instants nous ne parlons plus

mais le temps malaxé de ces moments chuchotés mal réveillés

perpétue ce rite de la tasse et du sucre banni

ce matin encore, il est 8h,

(au carreau se balancent rouges les géraniums de la vieille d’en face)

déjà elle feutre l’escalier

me fait sursauter toute à ma contemplation chassieuse

nous taisons à l’habitude le pourquoi

évoquons le parcours de la journée

nous retrouverons peut-être et pourquoi pas le soir

sans savoir de quoi ni qu’est-ce nous jacterons

de cela je me souviens et le lugubre et les désaccords

et puis de nous amantes, mères, … en l’espèce femme

Pourquoi ne puis-je revoir une photo d’elle

sa chair respire trop fort comme son souffle pénible

derrière moi portant sa valise

ô rassurant , ne réponds pas, je t’entends

tu m’enlaces

j’enfouis mon visage,

petite, en ta rassurance

plus grandie sans doute

et pourquoi pas.

 

 

 

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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 12:44

Toc-toc, le bleu de la porte !

 

 

Je vous soufflais mes ouf mes eh

Tu exagères en mes chairs zo

Voyons si les lions repus

Ouvrent un cil et puis de deuz

Berce frange la le li lo

Glougloute les  ma si fa do

Tes kouniates me vau-l’eautent

M’asperjoutent  tant tender me

nessuno altro after tu

E prendi me eine säftig’

Ohne Kern  stupid orange

Sur ce sol stérile à pas d’autre

Semblable à la that the question

Armer Yorick wohin schaust du

Prends-y donc mon épaule droite

Elève-la jusque la nuque

Vhuit’ comme jamais un l’entour

De ma colonne cérébrale

Oh -tu l’attendais- mazal tov

Zieute  comme tombent  derechef

Mes cinq nerfs effilés et fiers

L’acer rubrum pauma une nuit

Ses blettes feuilles toutes chiffées

C’est pour mieux discourir, mein Kind

Compter toujours mal finger-top

Quatre trois adrets et ubacs

Serrer la griffe kératine

Du poing bandé gong’ la table

Un cerneau, un, dans une noix

Tant d’aphtes aigus avaleurs

De couleuvres viables arc-en-ciel

Sitôt déclamées en bouche

Retournées à la mare fangeuse

Où deux carpes soupirent mille.

 

 

IMG00043-20101114-0044.jpg

 

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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 13:18

Je parle aux fleurs comme à un animal familier

je les caresse empiriquement

je n'aime pas les animaux domestiques

car ils ne font jamais le ménage à ma place

et mon endroit est peuplé de moutons

qui m'aime ne me suive surtout pas

à éplucher la clématite,

la dévergonder en pluie si je veux en son pied ombré

en sa collerette plein ciel

je me plais au silence des couleurs

je me plais à penser

lignes, territoire, cris

je me crois !

Le soir, le géranium prend de l'avance sur le chèvrefeuille ligaturé

ça n'est pas jeu

ni impatiens

c'est le ciel en toute urbanité

il décline son ombrelle

il guette ma vie en son terreau

et vertébrée

un pou en sa tête.

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20 mai 2009 3 20 /05 /mai /2009 02:36

La nuit est là, place de la République pareille
Des voiles glauques je parle
tu me dis tes yeux couleur huître
je ne suis pas sûre du compliment
et bats des cils trop fardés
De jeux de mains je retiens celles du serveur hombre
pressant le citron dans le shaker
Comme la lune, ce point non remarquable,
est rabougrie
comme les jours n'arrivent pas à s'effilocher
comme le donnant succède au donnant
comme l'interrupteur appelle la paupière close
et les sens si je veux quand tu peux
Ah ! Cette ivresse sombre des amants
Là où Barcelone retrouve ses plages arrosées d'accordéon
et mon maillot dégoulinant sur les civelles promises
sous le manteau
Et le caviar à Varsovie !
La nuit est là, place de la République pareille
Un homme en smoking propose
Blue moon
Comme le monde, ces gens funèbres, dîne
comme la musique ne se détache pas du clavier
comme la main écarte la coquille vide
comme les décolletés se flétrissent
Je porte à ma bouche le dernier pétoncle
lorsque tout s'éteint
que je m'engoue
j'entends dans la pénombre
happy birthday
je ne suis sûre que de ta main
qui essuie la traînée noire de ma larme
Surgissent une lumière et un taxi :
- Où allez-vous, Colombine ?
- Au carnaval de Dunkerque ! Presto !

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14 mai 2009 4 14 /05 /mai /2009 15:09

Das einfache Kind*

 

 

 

Il ne faisait rien
ne remuait pas l'ongle diaphane
ni ne faisait sauter sa cervelle blanche
de-ci de-là
dans la boîte fragile extra lucide
de membranes à tous crins
Il ne parlait pas
continuait à battre d'un cil cardiaque
D'autre temps il n'y avait eu
jusqu'à preuve d'autre mémoire
Les gens l'exhortaient
à agiter de la moindre inclinaison opaline
son appartenance à ici
pour eux
les mobiles
les pensants
les vifs vivants agités
Il gardait en nuit blanche
sa main
qu'on posait selon les jours les saisons les visites
sur sa cuisse sur la table sur la paille de la limonade
en marque-page
Il roulait
là où ils voulaient
au bord des nymphéas au pied de la tour Eiffel
sur la muraille de Chine à Zanzibar
lui ne désirait rien depuis toujours
Seul le vent malin agitait les cheveux de sa boîte.

 

 

 

 

*en allemand, il y a trois genres : le féminin, die, le masculin, der, le neutre, das. Pour l'enfant, on dit « das Kind » Das einfache Kind : l'enfant simple

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22 avril 2009 3 22 /04 /avril /2009 01:35
Ce que je voulais dire à 18 heures
ce que l'attente en ma terrasse fraîche
une page rabâchée
une autre sautée
du suc rose secoué de l'arbre
atterri
déglacé
en bas
les gens virevoltent et remontent leurs manches
en bas
mon livre a atterri
quelqu'un a sonné apercevant ma tête penchée
en bas
le soleil délivrait une ombre
les cheveux d'anges rentrant de l'étude
hurlant
le vent
la pierre sur le pied de la clématite
s'est cassée
le fauteuil de rotin a encaissé
un peu
Demain
la main samaritaine aura déposé
idoine mon livre sur le paillasson
Ce qu'à toi seul je veux dire toujours
les heures s'ébrouent
le piaf râle
en bas.

 

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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 09:50

Pan, le printemps !


Quelqu'un radotait.
Je balbutiais,
j'avais mon quant-à-soi
et les doigts gourds.
Je répondais en triturant le plâtre
le sang affluait des pieds en sol à la tête.
Je m'échauffais je m'échauffais.
Jusqu'aux coudes.
La première mouche de la saison cognait la fenêtre.
Il parlait il parlait.
Dans mes oreilles blanches seuls entraient
des blop malpropres.
Je jetais je jetais.
Des poignées de neige sur la structure métal.
Il jactait jactait moins.
Les bras du bonhomme en manches ligotés
dans un déchiré de coutures
ballottaient grotesques
allaient et venaient.
Je visais en dernier sa face de carême.
La mouche s'épinglait, élytres bleutées écartelées,
rendant l'âme aux souvenirs légers,
sur le visage délivré.
Il ne bronchait plus.
J'approchais sur les pointes.
Mon souffle au sien
nous fondions.



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21 mars 2009 6 21 /03 /mars /2009 18:27

La pinasse du marais



Je me demandais comment écrire un poème...

Je vis un défilé d'histoires, deux-trois enterrements, une mare asséchée,
je décidai à peine de l'importance,
pourquoi elle plutôt que celle-ci,
elle me sauta aux yeux.
Je n'eus aucune peine pour les odeurs,
beaucoup plus pour le regret.
Et le vert ou le bleu ou peut-être le rouge des volets ?
Le trait partit :

Le héron solognot grand nigaud
Sur un pied huma
La nuque désormais silencieuse.

Je me fis part de ma dureté,
je ramenai l'œil ruisselant à son juste globe,
je visai bec pour bec,
je mis au rancart l'éternel bruyant.
Quels tournis !
Quelle abnégation !

Je ne suis jamais fière de

Le héron solognot
Sur un pied
La nuque déchira la nuit.

Jamais apaisée.


Je renonçai à remonter la rivière à contre volonté.
Je heurtai le saumon :
sa joue fondit sous ma langue.
Le ciel tomba.

Le héron
Gémit
A sa nuque.

J'allai à chaque fois à la ligne.
Je venais d'observer une certaine mélancolie.

   
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19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 09:40

Dans ma main il y a mille crampes

adoucie d'onguents.
Je voudrais jeter la peinture
et muscler plus mon dos
camoufler mes cheveux
pour pas qu'un poil d'Artaud à Uccello n'intervienne.
Je voudrais d'une toile jeter mes encombrements
mes allures
mes instants de joie.
Je voudrais te dire tu
alors que vous êtes nombreux
je prendrais des majuscules
pour toi comme l'autre
je le jure craché
vous rendre en bouche
si je savais vous dire
Vous
qui du pot exact
extrayez la couleur.
Je voudrais approcher
le geste du peintre
de ma main
vous m'en diriez des nouvelles
je promets le chantier
celui de ma naissance tourbière
je peux flanquer des couleurs
vous y mettrez vos mots.
Ceci est un cadeau
toujours mal emballé
à vous
à qui d'autre
et pioche à Toi.
Aujourd'hui grave
je ne sais dire
sauf en pots jetés
de toutes mes forces
et pas même un bon mot pour la fine bouche.
Mes épaules s'en souviennent,
mes biceps gonflent,
et la mèche rousse à la terre se rappelle.


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10 mars 2009 2 10 /03 /mars /2009 23:13

Enfant, toi

qui jamais

ne criais ni ne tendras les bras ou la bouche

au sein,

qui ce matin-là savais

outre mille voix sourdes

le rire

le réconfort

bleus fatals

tu me disais, bonhomme,

aujourd'hui je le sais

bonhomme de ma vie

enfant de neige disparu

comme je grandis !

 

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