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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 15:29

 

 

 

 

C’est ainsi, à chaque fois. Parce qu’il faut bien qu’elle dise au revoir, on ne sait jamais, si jamais elle s’endort pour de vrai, ça lui échappe, elle dit dans sa tête, à l’entrée du bloc opératoire. À toi, à tu, à vous, la liste défile après que la grosse s’est gouré d’endroit où diffuser l’élixir d’assoupir – vous êtes une grosse méchante, vous, qu’elle essaie de rire pour la détendre, la grosse, et qu’enfin la grosse arrête de la piquer au mauvais endroit. Elle en oublie quelques uns dans sa liste, mais elle se dit que les adresses aux uns rebondiront sur les autres, alors, ça suffit, et la grosse ne la ratera pas plus longtemps, ou elle protestera, d’abord à l’accueil, puis à l’ultime hiérarchie, un ponte, une pontesse.  Bref. Y a de l’espoir. Tous seront informés, mais tous ne sauront pas forcément quelle musique elle préfère pour son incinération – incinération ou bière en terre ? Il s’en passe des choses, des histoires, des regrets avant le masque, après la grosse : ai-je assez exprimé mon amour, oh, je n’ai pas rangé mon bureau, le manuscrit en l’état est éparpillé sur le canapé, y a plus qu’à paginer, il doit y avoir un contrat d’assurance, …

 

C’est faux, peu importe, tu dis juste au revoir à Tous – tu n’aimes pas t’endormir forcée – tu les plains et leur tristesse, tu te sens toute petite et sanglée dans ce brancard et par la grosse qui te fait mal, tu roules, malgré toi, de grosses larmes, ça alors, t’as encore une main pour les essuyer au cas où quelqu’un les verrait, personne ne voit, tant mieux ; tu te réveilles, c’est le principal pour les autres qui t’attendent. Deux jours après, tu ris avec une jeune femme, un jeune homme et des chats – un chat te lèche la main enflée bleuie par la grosse maladroite.

 

 


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Published by emmanuelle grangé - dans Anne-Olivia Belzidsky
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23 septembre 2009 3 23 /09 /septembre /2009 00:08
 

Que sont ce tremblement, ce vide sous les semelles ?

Il  s’accroche au coût de la vie, pourtant il sait que de précieux il n’y a que ce qu’il entrevoit, quelques filons de chercheur d’anguille.

S’il range son bureau, écrira-t-il plus soigneusement ? Le gras de l’huile sur la tomate, la cendre de sa cigarette sur le papier dispersée par son souffle, répandue aux pieds de son fauteuil rendraient-ils moins lisibles les mots imprimés ?

Sur mon meuble à glissières, il y a un pique-fleurs en verre rempli de stylos, une grenouille en stuc portant un énième crayon, du courrier administratif, un pèse-lettre en bakélite, des coraux blancs, des fossilisés de toutes mers, des post-it jaunes, un article du Monde daté du 25 août sur Habiba Sarabi , une photo de Beckett goguenard, un rouleau de scotch, des tas de cahiers cornés par le trimballement de mes sacs ici et  là, un noyau d’abricot qui pourrait figurer un œil dans le dernier bois flotté glané cet été, un carnet  offert par Anna coincé entre la lampe et le miroir triptyque rapporté de Strasbourg, une gravure sur bois et le soleil d’aujourd’hui qui balaye mon bras droit, et des dictionnaires, et plein de tiroirs, de la poussière-reliquaire.

A cet endroit, je quitte une de mes babouches. Je deviens sérieuse ! Et tant d’air. Ne m’en veuillez  pas pour ces bribes, grondez, ruminez, oh ! Tempêtez, rugissez ! Il est en moi, las, encore ;  bats les champs de betteraves, et d’un, le ramier en plein vol, conte-moi encore l’œil du chevreuil qui rencontra le tien sur le Hochsitz *, et de deux, cette larme rouquine que tu me léguas ! Paix, mon père, enfin tu prends ma main, et jamais la tienne dans mes cheveux.

 







*
 
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12 avril 2008 6 12 /04 /avril /2008 20:47

On ne dirait pas comme ça, enfin je savais presque.

Au milieu des oliviers du 20e sous la charpente métallique après un mojito
au « chien perdu » -je ne suis plus sûre de l'enseigne, mais sûre que ce n'était pas une chienne- rue Boyer, 1 j'étais en avance, et la douceur avec moi même si quelque souvenir-passage par-là me chavirait.

La chanteuse s'est avancée, elle était en coulisse puisqu'elle avait encore ses lunettes noire et déjà l'impertinence de sa blondeur.

Oh jeunesse si intelligente immédiate, (j'étais si gourde, moi, alors, moins aujourd'hui ?)

La voix.

Et puis celle derrière le micro grave mine de rien au milieu des braillards de la Bellevilloise, la tête nerveuse d'affirmation, l'humour n'est pas loin, la concentration offerte, ce mélange de sérieux et de plaisir, tiens, oui, une artiste, c'est ça. Mine de rien et d'affirmation.

Je sais son nom, il est roucoulant et âpre. Un coup en plein dans notre histoire. Je le dirai plus tard. Comme j'ai bien fait de renoncer à ma tanière pour aller là-bas.

L'enveloppe des samoussas est devenue molle, l'oeil était tendu vers la scène.

Je te suis, princesse.

Et toi, si à côté pudique, offert à elle, prends garde aux coups de soleil et ne déroge pas...

Vous avez été mon plaisir infini.

(4 octobre 2007)



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 (commentaires sur myspace) 

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